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Volkswagen Touran : L'attente récompensée !

Cela faisait (trop) longtemps que l'on attendait Volkswagen dans le segment des monovolumes compacts. Après avoir laissé les Renault Scénic, Citroën Picasso et autre Opel Zafira s'emparer du marché, le Touran aura-t-il les arguments pour convaincre les jeunes familles de réintégrer les rangs de Wolfsburg ?


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Mais que s'est-il donc passé dans l'esprit des responsables de Volkswagen pour que le premier monovolume compact du groupe ne voie le jour qu'en 2003, soit des années après la concurrence ? En 2001, quelque 1,2 million de véhicules de ce type ont été vendus en Europe occidentale. Parmi eux, pas une Volkswagen ! Manque de réactivité ou volonté délibérée d'exploiter d'autres segments ? La question, que nous ne nous sommes pas privés de poser aux responsables, n'a entraîné que des "non-réponses" du type "C'est le bon moment pour pénétrer le marché" ou "Nous n'avons pas pu tout faire en même temps". C'est en fait de ce côté qu'il faut chercher la réponse. Le groupe Volkswagen s'est récemment séparé en deux "business units", comme ils disent chez Fiat. D'un côté Audi, Lamborghini et Seat pour la partie sportive, et de l'autre Volkswagen, Bentley et Skoda. Il était donc nécessaire pour les responsables allemands de tirer l'image de Volkswagen vers le haut pour la différencier de celle de Skoda, ce qui a été fait avec le Touareg et la Phaeton. En attendant, le monovolume compact, véritable chaînon manquant dans la gamme des monovolumes VW composée jusqu'ici du Caravelle Multivan et du Sharan, a attendu...
Mais ne boudons pas notre plaisir : c'est bien le Touran qui nous attendait sur l'aéroport de Malaga pour deux jours de tests intensifs. Annoncé en première au Salon de Genève, le Touran était en réalité déjà présent au Salon d'Amsterdam, le mois passé. C'est là que je l'ai vu pour la première fois. Je m'étais dit à ce moment que sa ligne, qui paraissait plutôt banale, mériterait d'être réévaluée en conditions réelles de circulation. Malheureusement, le monovolume compact de Volkswagen n'est pas apparu plus original sous le soleil andalou. Rien d'étonnant à cela : il fallait faire un véhicule clairement identifiable en tant que Volkswagen pour ramener les amateurs de MPV compacts à la marque. Le Touran est donc classique dans ses lignes, tout en dégageant une impression de robustesse très germanique. Avec ses 4.391 mm de long, il est presque calqué sur la Golf IV Variant (4.397 mm), alors que c'est pourtant le châssis de la future Golf V qu'il étrenne. En largeur, le monospace mesure environ 6 cm de plus que la Golf actuelle, alors que la hauteur culmine à 1.652 mm, soit carrément 16 cm de plus qu'une Golf Variant !

Pour les grands

Avec de telles dimensions, on s'attend évidemment à ce que le Touran offre une belle habitabilité intérieure. Mais avant d'y penser, les ingénieurs de Wolfsburg ont tout d'abord porté leur attention sur les ouvrants. Inutile d'avoir de l'espace dans l'habitacle si l'accès n'est pas aisé. C'est ainsi que les grandes portes présentent une largeur d'ouverture suffisante pour faciliter au maximum la montée et la descente du véhicule. Dans le même esprit, le hayon s'ouvre en deux étapes. Un ressort pneumatique "inter-stop" permet, dans un premier temps, une hauteur d'ouverture de 1.822 mm alors qu'en poussant un peu plus vers le haut, on obtient 1.958 mm. Quelle que soit votre taille, le hayon du Touran est donc facile à manipuler.
En parlant de taille, la position de conduite mérite 5 étoiles. Même un gars de 2,20 mètres se sentirait à l'aise derrière le volant tant les débattements du siège (verticaux et latéraux) et du volant (hauteur et profondeur) sont importants. Dommage, dans ces conditions, que la console centrale présente un angle situé juste au niveau du genou droit. Le repose-pied positionné à gauche du pédalier est lui aussi royal, alors que Volkswagen a eu la riche idée d'opter pour une pédale d'accélérateur articulée au plancher (et non pas suspendue comme d'habitude) nettement plus reposante pour l'articulation de la cheville lors de longs parcours.

Rangements partout

Monovolume oblige, le Touran se devait de prévoir un maximum d'espaces de rangements dans l'habitacle, histoire de pouvoir caser les montagnes de jouets des bambins lors des transhumances annuelles. Au niveau des sièges avant, le Touran est équipé d'un vide-poches de série et, à partir du niveau de finition Trendline, d'un tiroir supplémentaire. Sur le tableau de bord a été aménagé un autre casier abrité des regards indiscrets par un couvercle. Plus original : les Touran qui ne sont pas équipés d'un toit ouvrant disposent de pas moins de trois bacs de rangement alignés au plafond sous la forme d'une grande console de pavillon. La console centrale accueille, elle aussi, son lot de rangements alors que deux porte-gobelets se déploient depuis l'accoudoir central. Notez au passage que ce dernier est disposé à hauteur du pommeau de levier de vitesse, c'est-à-dire trop bas pour poser le coude en conduite autoroutière, lorsque les changements de rapport se font rares. Les vide-poches des portes permettent de loger une bouteille d'un litre tant à l'avant qu'à l'arrière, alors que la boîte à gants est réfrigérée par le climatiseur. Astuce supplémentaire : la ventilation passe automatiquement en mode d'air recyclé lorsque la marche arrière est engagée, ceci pour ne pas être importuné par les odeurs de gaz d'échappement.
A l'arrière, le siège central peut être utilisé comme tablette ou même remplacé par une glacière électrique optionnelle. Une prise 12 volts a été aménagée à cet effet, alors qu'un double porte-canettes est à disposition entre les dossiers des sièges avant. Notez que d'autres espaces de rangement sont encore disponibles sous le plancher arrière.
En version cinq places (de série), le volume de chargement du coffre est de 695 litres, et peut passer à 1.989 litres une fois les trois sièges individuels de la seconde rangée ôtés. En configuration sept places (en option), le volume de chargement est de 121 litres (soit tout juste de quoi caser un ou deux sacs). Heureusement, la modularité des sièges de troisième rangée (voir encadré) permet de récupérer rapidement de l'espace si on n'est pas sept à bord.
Côté pratique, notez que le couvre-coffre du Touran peut être fixé au choix derrière la deuxième ou la troisième rangée de sièges. Par contre, le plastique utilisé pour recouvrir les parois du coffre était d'une bien piètre qualité sur nos modèles d'essai, se griffant irréversiblement d'un seul coup d'ongle. Nous mettrons cela sur le compte des véhicules de tests qui n'étaient encore que des préséries...

2.0 TDI

Une révolution : le 1.9 TDI, véritable moteur de conquête pour Volkswagen en matière de motorisation diesel, disparaît au profit du 2.0 TDI. Du moins dans sa version la plus puissante car le 1.9 TDI est toujours disponible dans sa version 100 chevaux.
Mais pourquoi donc passer à une cylindrée de deux litres, pénalisante fiscalement sur certains marchés (dont la Belgique) ? La raison est simple. Volkswagen a voulu que tous les moteurs équipant le Touran répondent aux normes Euro 4. En version 100 chevaux, le 1.9 y parvient. Mais le 1.9 TDI 130ch installé dans la caisse du Touran ne répondait pas aux normes. Résultat, ce nouveau bloc d'une cylindrée de 1.968cc développe une puissance de 136 chevaux (on avait parlé de 140 chevaux dans un premier temps, mais cette puissance a, semble-t-il, été abandonnée) pour un couple de 320 Nm entre 1.750 et 2.500 tr/min. C'est évidemment remarquable, et cela permet au Touran d'atteindre 197 km/h en pointe et de passer de 0 à 100 km/h en 10,6 secondes alors que la consommation moyenne s'établit à 6l/100km. Principales caractéristiques techniques de ce nouveau bloc : deux arbres à cames en tête, l'adoption d'une culasse 16 soupapes et une nouvelle génération d'injecteurs-pompe nettement plus silencieux
Seconde nouveauté sous le capot du Touran : le 1.6 FSI. Ce moteur à injection directe d'essence déjà installé dans la Golf et la Bora a bénéficié de quelques modifications techniques pour s'adapter au Touran. Distribution, gestion du moteur et refroidissement de la culasse ont été revus alors que le carter moteur est désormais en aluminium pour des raisons d'insonorisation. La puissance maxi est de 115 chevaux (110 pour la Golf et la Bora), et le couple de 155 Nm est atteint à 4.000 tr/min (4.400 pour Golf et Bora). Le Touran ainsi équipé atteint 186 km/h en pointe (0 à 100 km/h en 11,9 secondes) et ne consomme que 7,4l/100km en moyenne. Dans le courant de l'année, le moteur 2.0 FSI (150 chevaux) qui équipe l'Audi A4 devrait s'ajouter à la liste, tout comme un 1.6 "classique" de 102 chevaux dont l'importation sur le marché belge n'est toutefois pas certaine.

Boîte 6 de série !

Côté transmission tous les Touran FSI et TDI sont équipés en série d'une boîte à six rapports. Très moderne par sa conception grâce notamment à un carter en magnésium, elle se caractérise par un débattement assez court et une agréable précision dans le verrouillage des rapports. Notez que, dans le cas des moteurs FSI, la vitesse maxi est atteinte en cinquième vitesse, le sixième rapport n'étant là que pour abaisser le régime moteur et donc la consommation.
En option, la boîte automatique Tiptronic à six rapports sera disponible en combinaison avec le 1.6 FSI. Mieux encore, le Touran accueillera la nouvelle boîte DSG (Direct Shift Gearbox) dont vous pouvez lire l'essai dans ce numéro (Audi TT 3.2) en combinaison avec les moteurs 1.9 et 2.0 TDI.
En matière de liaisons au sol, le nouveau monovolume Volkswagen fait appel à un train avant plutôt conventionnel équipé d'un essieu à jambes de force doté de bras triangulés. Par contre, l'arrière bénéficie d'un essieu à quatre bras entièrement nouveau composé de trois bras transversaux et d'un bras longitudinal garantissant de chaque côté un guidage de roue précis. Quant à la direction, elle est, pour la première fois chez Volkswagen, à assistance électromécanique (et non pas électrohydraulique). Asservie à la vitesse, elle offre l'avantage d'être particulièrement peu énergivore, et donc de limiter la consommation en carburant.

Châssis de Golf V

Si vous connaissez les environs de Ronda (près de Malaga) dans le sud de l'Espagne, vous comprendrez que Volkswagen n'a pas hésité à présenter son Touran en terrain difficile. Bon, d'accord, l'itinéraire que nous avons pris n'était pas tout à fait prévu sur le road-book, mais le relief du terrain (montagne) que nous avons emprunté était particulièrement exigeant pour un monovolume. Nous avons entamé notre prise en main avec le moteur 1.9 TDI. Connaissant son aptitude à animer aussi bien une Polo qu'une Skoda Superb ou une Passat, il devait être à son affaire avec les 1.500 kilos du Touran. Et de fait, le TDI 100 chevaux s'est montré parfaitement à son aise, même dans les côtes à forte déclivité. Reste à vérifier s'il en est de même à pleine charge...
Par rapport au 1.9, le 2.0 TDI s'est montré nettement plus performant, même si la différence avec le 1.9 TDI 130 chevaux n'est pas flagrante. Par contre, les évolutions techniques apportées notamment au niveau des injecteurs-pompe tiennent toutes leurs promesses en matière de niveau sonore. Plus feutré, moins "agricole", il est particulièrement agréable à utiliser même si l'insonorisation n'atteint pas encore le niveau de certains concurrents équipés de common rail. Quant au 1.6 FSI, il ne devrait pas représenter un gros volume de vente sur le marché belge. Car même si sa puissance et son couple ont été revus à la hausse par rapport aux Golf et Bora, son agrément de conduite reste discutable face aux qualités affichées par ses frères "mazoutés". C'est notamment le cas sur autoroute, où la pertinence de la boîte six rapports pose question. Il faut en effet fréquemment jouer du sélecteur de vitesses pour "retaper la cinq" en côté si l'on veut conserver un minimum de vivacité. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la vitesse maxi est atteinte en cinquième...
En réalité, la bonne surprise vient du comportement routier affiché par le Touran. Le compromis confort/tenue de route est idéal et le véhicule prend un minimum de roulis en maîtrisant parfaitement ses mouvements de caisse, même sur terrain dégradé. Résultat, il est tout à fait possible de se faire plaisir en conduite dynamique, ce qui n'est vraiment pas évident avec tous les monovolumes, fussent-ils compacts. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, la direction à assistance électromécanique est un pur régal. Elle s'adapte parfaitement à la vitesse et au mode de conduite en renvoyant suffisamment d'informations au conducteur tout en étant d'une aisance déconcertante lors des manœuvres de parking. Même en cas de fort vent latéral, le conducteur ne doit pas batailler avec le volant pour tenir son cap. Tout cela est de bon augure pour la Golf V qui arrivera en 2004 avec les mêmes solutions techniques.

Conclusion

Le Touran va arriver sur le marché avec un temps de retard et au moment où Renault lancera son nouveau Scénic, ce qui ne facilitera pas sa tâche. Grâce à ses nombreuses qualités, il devrait néanmoins permettre au constructeur de récupérer les clients Volkswagen qui étaient passés à la concurrence en raison de l'absence de monovolume compact sur base de la Golf.

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