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Mazda 2 : L'identité retrouvée

La Mazda 2 se voit confier la lourde tâche de remplacer non seulement la Demio, mais aussi la 121, qui disparaît du catalogue. Autant dire que le moindre écart de conduite de sa part risque de laisser des traces dans les volumes de ventes du constructeur...


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Rappelez-vous, la Mazda 121, dernière du nom. Véritable clone de la Ford Fiesta, elle n'avait pas rencontré le succès espéré par ses pères, notamment en raison du manque flagrant d'identité et de personnalité résultant de ses liaisons "dangereuses" avec le constructeur américain. Côté nippon, on a bien retenu la leçon. Car si la Mazda 2 s'apparente plus à la défunte Demio, elle n'en remplace pas moins également la 121 qui quitte le catalogue par la petite porte.
Avec des ventes clients en augmentation de 32% sur le marché belge en 2002 par rapport à l'année précédente, Mazda a vite compris que le fameux esprit "zoom-zoom" inauguré par la Mazda 6 constituait un cocktail à succès dont la 2 devait s'inspirer, en poursuivant le retour à l'émotion qui avait tant fait défaut au constructeur au cours des années précédentes.
En découvrant le "joli petit cul" des Mazda 2 qui attendaient les journalistes sur le parking de l'aéroport de Barcelone, je me suis dit qu'ils nous avaient refait le coup de la 6. Oh, bien sûr, elle est moins élancée, avec ses airs de petit break teinté de monovolume. Mais tout de même, les designers ont réussi à la rendre presque latino, cette nippone. De l'avant, sa frimousse trahit un air de famille Mazda très prononcé. La calandre pentagonale, les moulures de capot, les optiques plongeantes et les larges entrées d'air du bouclier avant lui procurent un caractère dynamique finalement assez proche de celui de sa grande sœur. De profil, par contre, on retrouve l'esprit de la Demio, mais dans un style beaucoup plus raffiné. Les porte-à-faux réduits et la ligne de ceinture remontant vers l'arrière jouent la carte de la robustesse alors que le hayon vertical empiétant largement sur le pare-chocs laisse augurer d'une fonctionnalité bien pensée.

Intelligente et modulable

Plus longue de 11,7 cm, plus large de 3 cm et plus haute de 4,5 cm que la Demio, la 2 offre bien entendu, un espace intérieur largement revu à la hausse. Pour y accéder, les portes arrière présentent un angle d'ouverture de 80 degrés particulièrement intéressant lorsqu'il s'agit d'installer un siège enfant. Derrière le volant, le conducteur bénéficie d'un siège et d'un volant réglables en hauteur. Mais pourquoi donc ne pas proposer de colonne de direction télescopique ? "Parce que nous ne le jugeons pas utile" s'est-on contenté de nous répondre. Les responsables de Mazda semblent d'ailleurs sûrs de leur coup puisque la documentation précise que les réglages sont "plus que suffisants pour des conducteurs mesurant jusqu'à 1,90 mètre". Messieurs les Japonais, sachez qu'en Europe, une part non négligeable de la population fait 1,90 mètre et plus, et qu'une colonne de direction télescopique, ce n'est pas très compliqué ni très onéreux à installer... Mais soit. Même si elle n'a rien de catastrophique, la position de conduite ne m'a pas totalement convaincu. Même remarque pour le repose-pied... inexistant ! Impossible de caler son pied gauche à côté du pédalier. Il y a du Ford là-dessous ! Dommage car pour le reste, l'habitacle de cette Mazda est truffé de bonnes idées. A commencer par le vide-poches à double compartiment, dont l'un est équipé d'une coque en plastique détachable et lavable, pouvant servir de poubelle. Comme sur les monovolumes, un compartiment avec couvercle articulé trouve sa place au-dessus de la planche de bord, alors qu'un casier à monnaie situé près de la colonne de direction et un rangement placé sous le volant sont à disposition du conducteur. Face à ce dernier, le tableau de bord dispose de compteurs ronds et largement dimensionnés, parfaitement lisibles. Le levier de vitesse, positionné assez haut, tombe parfaitement sous la main. Le tout est d'une qualité remarquable tant au niveau du choix des matériaux que de leur assemblage.
Côté modularité, le dossier du siège passager avant est rabattable à l'horizontale en une seule manœuvre, facilitant le transport d'objets longs. Quant au coffre, d'une contenance de 267 litres (1.044 litres une fois la banquette arrière rabattue), il présente un seuil de chargement très bas, ce qui devrait ravir les mères de famille habituées au transport des enfants et de toutes leurs affaires.

HDI, TDCi... CDVi !

Peugeot, Citroën, Ford et Mazda... Quatre constructeurs à se partager le même moteur 1.4 turbo diesel à injection directe et common rail. Ainsi donc, la Mazda 2 CDVi hérite de la même mécanique diesel que les Peugeot 206 HDI et Ford Fiesta TDCi. Un partage devenu aujourd'hui indispensable dans la production automobile mondiale pour réaliser des économies d'échelle. Ce n'est pas un tort, surtout qu'il est plutôt réussi, ce petit bloc ! Silencieux, exempt de vibrations, il se montre suffisamment coupleux (160 Nm à 2.000 tr/min) et puissant (68 ch à 4.000 tr/min) tout en permettant à la 2 de se contenter d'une consommation moyenne de 4,5l/100km.
En matière de motorisations essence, la petite Mazda s'offre le choix entre trois blocs 16 soupapes commandées par deux arbres à cames en tête. Tous bénéficient de la technologie "drive-by-wire", ce qui signifie que les mouvements de l'accélérateur sont transmis au moteur sans aucune liaison mécanique.
Le premier moteur essayé sous la pluie catalane fut le 1.4. Inutile de tourner autour du pot, il m'a déçu. Silencieux et très linéaire dans ses montées en régimes, il manque toutefois de personnalité, surtout lorsqu'on le compare à son petit frère 1.25 qui ne délivre que 5 chevaux de moins (75 au lieu de 80). Ce 1.25 n'est autre que le fameux moteur "Z" qui équipait les Fiesta de la précédente génération et qui était considéré, à l'époque, comme le meilleur moteur de sa catégorie. Eh bien je peux vous dire qu'il reste, aujourd'hui encore, une véritable référence. Vif, joueur et ne rechignant jamais à la tâche, il prend des tours avec un bonheur non dissimulé, tout en sachant rester silencieux sur autoroute. Et même s'il est objectivement moins performant que le 1.4 que se partagent la Mazda 2 et les actuelles Fiesta, il constitue, à mon sens, le meilleur des deux choix.. Un cran au-dessus se situe le 1.6 de 100 chevaux. Avec lui, la petite citadine se voit pousser des ailes. Et même si on ne peut pas réellement parler de sport, force est de constater que la Mazda 2 1.6 est à la fois amusante à conduire et efficace à l'attaque. Le 0 à 100 km/h est atteint en 11,4 secondes alors que la vitesse de pointe s'établit à 181 km/h.
Tous ces moteurs sont associés à une boîte de vitesses classique à cinq rapports donnant entière satisfaction, tant en précision qu'en rapidité. En option, les versions 1.4 essence et diesel peuvent être équipées d'une transmission robotisée baptisée EST (Electronic Shift Transmission). Cette dernière, qui n'était malheureusement pas disponible lors de notre essai, comprend trois moteurs électriques. Deux d'entre eux effectuant les changements de rapport, le troisième actionnant l'embrayage par le truchement d'un puissant ressort. Le conducteur peut toutefois changer de rapport manuellement s'il le souhaite en utilisant un bouton situé sur le levier de vitesse. Reste à vérifier l'efficacité, et surtout la rapidité du système dans la pratique...

Ferme, mais efficace

Tout comme le moteur, la plate-forme est empruntée à la Fiesta. Et ici aussi, c'est plutôt un bon héritage. Le travail de développement (propre à Mazda) a essentiellement consisté à produire une voiture bénéficiant d'une rigidité torsionnelle élevée. Les suspensions, aussi élaborées soient-elles, sont en effet incapables de livrer le meilleur d'elles-mêmes si leurs points d'ancrage se tordent à chaque bosse et dans le moindre virage.
A l'avant, la Mazda 2 est équipée d'une suspension à jambes McPherson, alors que le train arrière se contente d'une barre de torsion. L'ensemble se révèle plutôt ferme à l'usage, sans toutefois être inconfortable. Bref, on retrouve un compromis que Mazda a généralement l'habitude de réussir. Sachez toutefois que le moteur 1.6 constitue, à mon avis, la limite de ce que le châssis, réglé de cette façon, peut encaisser. Notamment en termes de motricité sur routes mouillées, conditions de notre essai.
Pour stopper son élan, la Mazda 2 peut compter sur un système de freins largement redimensionné par rapport à la Demio. A l'avant, les freins à disques ventilés atteignent 258 mm de diamètre et 24 mm d'épaisseur (contre 235 et 18 pour la Demio), alors que la largeur des tambours arrière est passée de 30 à 38 mm. Ici aussi, le système atteint ses limites avec le moteur 1.6. Rien de dramatique (même si j'aurais apprécié plus de mordant) mais s'il venait aux ingénieurs Mazda l'idée de doter la "2" d'un moteur plus puissant (ce qui n'est pas dans les cartons pour le moment), ils devraient obligatoirement revoir leur copie.

MAIDAS

"MAIDAS". Encore une appellation barbare ! C'est l'abréviation de "Mazda's latest Advanced Impact and Absorption System". Autrement dit, il s'agit d'une technique d'absorption d'impact censée absorber l'énergie lors d'un choc pour sauvegarder l'intégrité de la cellule habitable du véhicule. Pour ce faire, certains éléments de carrosserie absorbent une partie de l'énergie et orientent l'autre partie vers des zones où ne se trouvent pas les occupants, par le biais de lignes de déformation préprogrammées situées notamment dans le plancher de la voiture, les traverses et les montants de pavillon.
Dans l'habitacle, la Mazda 2 propose les airbags conducteur et passager avant sur toutes les versions, auxquels viennent s'ajouter les airbags latéraux et rideaux avant et arrière à partir de la finition TSi. En outre, Mazda a équipé son nouveau bébé d'un mécanisme permettant de désaccoupler la pédale de freins et de l'éloigner des pieds du conducteur en cas de violente collision frontale, ceci pour réduire le risque de blessure aux membres inférieurs.
Côté sécurité active, on trouve l'ABS, le répartiteur électronique de freinage et l'assistance au freinage d'urgence sur toutes les versions, alors qu'un contrôle dynamique de stabilité (DSC) est réservé à la 1.6 TRSi.. Quant aux prix, ils s'étalent de 11.399 euros pour la 1.25 Si à 15.899 euros pour la 1.6 TRSi.

Conclusion

Si la 121 et la Demio n'avaient rien de "zoom-zoom", la Mazda 2 intègre avec bonheur la nouvelle identité de la marque, subtil mélange de "fun" et de sérieux. Joliment dessinée et amusante à conduire, elle ne néglige pas pour autant les aspects pratiques qui feront d'elle une alternative intéressante aux Peugeot 206, Nissan Micra et autre Opel Corsa, mais aussi aux mini MPV tels que les Ford Fusion, Toyota Yaris Verso et Mitsubishi Space Star.

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