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BMW Série 5 : Plaisirs sous contrôle

Remplacer la Série 5, best-seller de sa catégorie, était un sacré défi pour les dirigeants de BMW. Pour le mener à bien, un design innovant et une débauche technologique furent les armes de la maison bavaroise. Premier contact avec les deux moteurs 3 litres, essence et diesel. Attention, la 5, c'est plus n'importe qui !


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Lorsque la dernière génération de la BMW Série 7 fut présentée pour la première fois dans un salon automobile, un petit vent de révolution balaya l'assemblée. C'est que le designer en chef Chris Bangle, avait vraiment fait très fort. Une auto comme on n'en avait jamais vu dans ce segment d'habitude très classique! Il y eut quelques applaudissements mais aussi des critiques, parfois très sévères. Certains allèrent même jusqu'à créer une pétition "anti-Bangle" sur internet! Aujourd'hui, la tempête suscitée autour de la 7 semble calmée. Elle commence même à plaire de plus en plus. C'est dans ces instants de relative quiétude médiatique qu'arrive aujourd'hui la Série 5. Damned, Bangle a encore frappé! Evidemment, les lignes du best-seller de BMW sont signées: c'est bien lui le designer. Et puis voilà que nous sommes face à la nouvelle venue, elle est là, toute en alu et en tôles chauffées à blanc par un soleil méditerranéen des plus enthousiasmants. Ben oui, arrête de bronzer, coco, et jette un oeil sur la bête... Devrions-nous avouer que les premières photos reçues à la rédaction avaient partagé l'équipe rédactionnelle? Il y avait les pour, les sceptiques et puis les contre. "T'as vu les feux arrière de 406 ?", commenta le plus virulent. "N'importe quoi, elle est superbe cette nouvelle BM" fut l'écho immédiat contrant cette fallacieuse attaque. Pour votre serviteur, il y a le museau impressionnant et le dynamisme des blocs avant, d'une félinité exquise, façon Z4, et puis il y a le profil arrière avec une malle assez bizarrement découpée. Choquante sous certains angles, agréable sous d'autres. Bref, en un mot comme en cent, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Lorsque vous la verrez en vrai, c'est-à-dire à partir du 5 juillet en Belgique, vous vous forgerez votre propre opinion... la meilleure qui soit (qu'est-ce que j'suis sympa, aujourd'hui)! En attendant, vous aurez déjà nos avis (subjectifs évidemment) et les photos pour vous faire une première idée. Avant de monter à bord, tour du propriétaire (va falloir que je demande une sérieuse augmentation si je veux l'être un jour... proprio!). Ouverture du coffre. Pas mal comme volume! La découpe de la malle permet un accès relativement aisé, mais pour les objets les plus volumineux, il faudra tester avant puisque dans ce segment, les Allemands ne considèrent que la 4 portes, le hayon étant banni d'office... sauf sur les breaks évidemment mais nous n'en sommes pas encore là (la 5 Touring est attendue pour 2004). Hauteur, ça va. Largeur: pas mal, même si la découpe entre les feux est un peu étroite. La profondeur? OK. Sauf qu'on va déjà se fâcher avec les options. Au menu de la très longue liste, figurent en bonne place la trappe à ski (que l'on peut ajouter même après la livraison du véhicule) et/ou la banquette arrière rabattable. En soulevant le tapis, on s'aperçoit de l'absence de roue de secours. C'est que nos exemplaires d'essai sont montés sur des pneus "run flat" (roulage à plat, flancs renforcés) qui peuvent donc parcourir plus de 200 kilomètres à 80 km/h maxi. Pas mal mais c'est (encore) une option. Dans tous les autres cas, ce sera une roue de secours galette. Dommage. Par contre, en série, la 5 reçoit des capteurs de pression de pneus qui sont censés signaler la moindre modification. Ici encore, on s'en félicite mais la fiabilité de ces systèmes n'est pas encore parfaite et il arrive - ce fut notre cas au cours de l'essai - que l'ordinateur vous signale un problème inexistant. Le temps de descendre et de vérifier, on repart toujours avec un doute. Encore une fois, le concept est génial, mais il faut que ça fonctionne toujours et sans faille... Pas encore évident !

Un I Drive amélioré

Bien, il est temps de prendre place à bord. Comme nous sommes assez pervers (mais non, pas comme vous pensez...), nous nous installons d'abord à l'arrière. La version actuelle était réputée pour être chiche à l'égard des jambes des passagers. Grâce à l'allongement de l'empattement (+62 mm), l'espace jambes à cet endroit a augmenté de 46 mm par rapport à la devancière. La 5 s'est également élargie, ce qui offre un peu plus d'espace aux épaules. Ceci étant, oubliez l'idée de voyager à cinq à bord car, ça devient une habitude chez tous les constructeurs, la place arrière centrale paraît purement symbolique. Par contre, pour les deux "survivants", le voyage sera des plus agréables. Les sièges sont bien dessinés, le confort est omniprésent. Passons à l'avant. Derrière le volant, l'ergonomie règne en maître. Et le maître en la matière, c'est BMW, cela, personne ne le conteste. Alors, puisque le "i-drive" de la 7 (vous savez, cette molette permettant l'accès à 700 fonctions...) est apparu bien trop compliqué aux yeux de nombreux utilisateurs, les ingénieurs BM ont repensé celui-ci. La forme - sorte de souris des temps modernes - demeure mais le fond évolue par et pour plus de simplicité. Désormais, un bouton externe "menu" permet de revenir à tout moment à la case départ et les diverses fonctions ont été simplifiées. Cependant, il conviendra de toujours manipuler ces nombreuses fonctions à l'arrêt car c'est toujours d'une complexité à vous "donner la migraine", dixit mon rédac' chef.
Démarrage. Chez BMW, on conserve la bonne veille clé classique: pas de carte ni de puce pour alimenter le contact. Pourquoi pas? La double casquette qui chapeaute les instruments de bord et l'écran digital (vous l'aviez deviné: une option) offre une jolie perspective au niveau des lignes. Nous serions plus mesurés à propos de ce que l'on appelle parfois le "meuble de bord", autrement dit l'ensemble du tableau de bord, qui paraît assez envahissant. On dirait que les designers ont voulu isoler chacun de son côté, conducteur et passager. Alors qu'à l'arrière, l'impression d'espace est évidente, l'avant paraît bien plus engoncé. Pourtant, les cotes d'habitabilité sont correctes et, objectivement, la place ne manque pas... c'était donc une impression purement visuelle.

Géniale ZF

Notre premier véhicule d'essai est une 530d avec l'option boîte automatique à 6 rapports (la boîte manuelle 6 étant de série). Héritée de la Série 7 (elle officie également sur la Classe S de Mercedes), cette boîte ZF demeure sans conteste parmi les plus fines du marché. Ici commandée via un levier classique au plancher et non plus par une palette "by wire" comme sur la Série 7, c'est une option hautement recommandable tant le mariage de ce bloc diesel avec la boîte ZF semble naturel. Le moteur 3.0d common rail a, lui aussi, été repris de la 7. Par rapport à la Série 5 actuelle, il voit sa puissance accrue d'un peu plus de 12 pour cent (218 ch) et le couple de 22 pour cent, pour atteindre les 500 Nm disponibles dès 2.000 tr/min, excusez du peu! Avant même de conduire l'autre modèle proposé à l'essai, la 530i, nous savions que cette formule "gros diesel + automatique" serait le duo gagnant de la journée. Sur notre parcours d'essais, point d'autoroutes (ce sont pourtant les terrains de jeu favoris d'un bon diesel comme celui-ci), rien que de la petite route sinueuse et déserte à souhait. La disponibilité de cet ensemble nous étonnera. Que ce soit en mode purement automatique ou en séquentiel "Steptronic", les reprises ne manquent jamais de tranchant. Néanmoins, le poids de l'auto (malgré un travail important au niveau du châssis, voir encadré) suffit à avaliser ce choix moteur. D'ici quelques mois, viendront s'ajouter les très attendues 520d et 525d avec, respectivement, 150 et 184 chevaux. Nous serions curieux de tester la première citée pour juger des capacités du "petit" moteur sous cette imposante carrosserie.
Notre deuxième moteur d'essai sera le 3.0i, un bloc connu sous le capot de l'actuelle 5 depuis l'an 2000. Parmi tous les blocs à essence proposés actuellement, tous constructeurs confondus, celui-ci demeure l'un de nos préférés. Il fait de la Série 3 un avion de chasse et, sur cette 5, une berline rapide. D'un agrément rare, c'est avec la boîte manuelle que nous l'avons testé. Avec ses 231 chevaux, il ne paraît jamais à la peine et, cette fois, cette formule "manuelle" nous agrée afin d'aller chercher le dernier carat du moteur pour l'exploiter au mieux. Qu'en sera-t-il des autres propositions? En essence, et dans l'immédiat, c'est le "petit" 2.2 de la 520i (163ch pour la Belgique, 170 ailleurs) qui sera proposé dès la mise en vente de la 5, le... 5 juillet prochain! A l'automne, place aux 525i (192ch) et 545i (V8 333ch) en attendant, pour 2004, une M5 promise avec un V10 5,5 litres 500ch. Chaud devant! Malheureusement pour les gros rouleurs, les très attendues 520d et 525d ne seront disponibles sur nos marchés qu'au printemps prochain.

Directe direction

Retour sur la route pour juger des capacités dynamiques de la belle. C'est bien connu, une BM, c'est avant tout une auto passion, qui se conduit. Qu'écris-je: qui se pilote! A la lecture de la fiche technique et des explications fouillées des ingénieurs, nous nous interrogeons. Est-ce bien nécessaire tous ces artifices de contrôle et d'aide à la conduite ? C'est que cette nouvelle 5 va loin dans la recherche et l'innovation. Outre le châssis mêlant acier et alu (voir encadré), quelques éléments méritent que l'on s'y attarde. A commencer par la direction active, une première mondiale dans l'automobile de série. De quoi s'agit-il? D'abord d'une direction à crémaillère assistée par l'hydraulique (éventuellement variable via l'option Servotronic), tout ce qui a de plus classique. L'astuce consiste à placer un actuateur électromécanique intercalé entre le volant. Dans ce cas, le mécanisme de direction additionne un angle de braquage positif ou négatif supplémentaire à celui imposé par le conducteur au volant. Autrement dit, à des vitesses inférieures à 120 km/h, la direction se fait nettement plus directe. A basses vitesses, cela permet même de réduire le nombre de tours de volant pour aller d'une butée à l'autre. A tel point qu'un créneau pour le parking ou un slalom rapide se pratique du bout des doigts... un régal! Mieux: à vitesse plus élevée, le système fonctionne à l'envers et durcit le mouvement du volant, on obtient donc plus de précision en virage rapide et en tenue de cap. Sur le terrain, le système requiert une certaine habitude. Non par son utilisation, enfantine: on tourne moins son volant, c'est plus direct, simplement. L'habitude devrait venir quant aux sensations ressenties en conduite active. On ne peut s'empêcher de penser que le feeling naturel s'estompe un peu avec ce système. Avouons qu'il ne s'agit pas d'une critique car après quelques dizaines de kilomètres, nous nous sentions déjà plus à l'aise. Une question de temps sans doute. Un temps d'adaptation qui sera également nécessaire pour maîtriser le "Dynamic Drive" ou suspension active. Ici, point question de suspensions pneumatiques comme certains concurrents l'envisagent. Comme pour la Série 7 dont la 5 reprend le principe, il s'agit de rendre actives les barres antiroulis avant et arrière par de petits vérins couplés à des biellettes. La barre est découplée en deux parties avec un bloc hydraulique central qui gère les mouvements de ces barres en fonction de la situation. En ligne droite, en ville par exemple, on privilégie le confort en évitant les remontées dues aux chocs de la route. En conduite active, grande courbe ou épingle serrée, sur routes dégradées par exemple, le système réduit le roulis de la voiture jusqu'à 80%, ce qui permet des passages beaucoup plus efficaces. Sur la route, nous avons beaucoup apprécié le travail de ce système, surtout lors de changements d'appuis rapides à vitesses élevées. Et pour compléter cette panoplie d'aides à la conduite, vous pouvez encore opter pour un train roulant sport comprenant des ressorts plus durs ainsi qu'un réglage plus ferme des amortis-seurs. Ces trois éléments combinés sur l'une de nos voitures d'essai nous ont largement prouvé leur raison d'être et la finesse de leur fonctionnement. Malheureusement, ce sont là des options, chères au demeurant, qui viendront encore alourdir une note déjà salée au départ. Les prendre ou pas? Disons que si vous n'appréciez pas la conduite dynamique (sportive), vous vous passerez aisément de ces éléments et votre sécurité "basique" sera assurée par l'excellent contrôle de stabilité DSC. Pour les autres, ce DSC est déconnectable (merci BMW, ça devient rare) mais travaille en parfaite concordance avec tous les systèmes évoqués plus haut. Reste à vous rappeler les précautions d'usage lorsque l'on décide de conduire plus sportivement: aucun système, quel qu'il soit, ne garantit l'immunité absolue. Se faire plaisir est et doit rester un plaisir, l'électronique ne pourra pourtant jamais rien contre les lois simples de la physique... Vitesses adaptées donc! Au retour de cet essai particulièrement plaisant, nous retiendrons, outre les qualités dynamiques déjà abordées, un confort de route assez étonnant. Excellent amortissement, vibrations contenues et insonorisation remarquable, sans doute l'un des points marquants de cette nouvelle auto. A noter enfin l'installation hi-fi avec un son d'une qualité rarement entendue à bord d'une automobile, la chambre de concert n'étant pas loin! Mais comme de bien entendu, vous l'aurez deviné, la radio, c'est comme le reste (y compris un accoudoir central avant ou un simple porte-gobelet): il faut aller la pêcher dans la liste des options. Y a pas de petits profits du côté de Munich !

Options à gogo

Personnaliser une Série 5 sera encore moins compliqué qu'auparavant. En effet, outre les systèmes de conduite dynamique décrits dans l'article, il existe une multitude d'options qui touchent autant de domaines que la sécurité, le confort ou l'agrément de vie à bord. Il faut cependant relever quelques-unes de ces options de par leur caractère novateur. Ainsi le head-up display. A l'instar de ce qui se fait sur une Corvette, le conducteur aura la possibilité de lire les infos (vitesse, compte-tours, navigation, témoins d'urgence...) sur son pare-brise. La nouveauté vient de la qualité de l'image et la possibilité de personnaliser "son" propre écran. Autres propositions intéressantes: l'éclairage au xénon directionnel (en courbe), le régulateur de distance ("cruise control intelligent") ou encore un système audio/DVD à l'arrière... Et la liste paraît sans fin. Garçon, l'addition !

Conclusion

Plus bourgeoise que jamais, la nouvelle Série 5 de BMW privilégie toujours le plaisir de conduire. Mais voilà, les temps changent et l'électronique doit tout prendre en charge pour offrir toujours plus de sécurité et de confort. Heureusement, le constructeur munichois permet aux amateurs de désengager la plupart de ces fonctions et de pouvoir ainsi assouvir sa passion du pilotage. Rien que pour ça, la 5 passe brillamment le premier test d'Auto Trends !

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