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Tour à tour berline, cabriolet, spider et
pick-up, la C3 Pluriel puise dans l'ADN de la marque pour proposer
un concept unique sur le marché. C'est sûr, il y a de
la Méhari en elle...
Le concept a évolué et les techniques de production modernes
autorisent une modularité qui n'existait pas à l'époque
mais l'esprit le la Méhari demeure dans cette déclinaison
pour le moins originale de la Citroën C3 berline. Pourtant, lorsque
le constructeur a présenté son prototype Pluriel au salon
de Francfort 1999, rien ne laissait présager que Citroën allait
oser franchir le cap de la mise en production d'un concept aussi décalé.
En ce temps-là, le souffle du renouveau n'avait pas encore atteint
la marque au double chevron dont les produits ne reflétaient aucun
bouillonnement créatif. Depuis, les choses ont évolué.
Sur un marché européen en régression de 3 %, Citroën
progresse de 11 %, grâce notamment au succès de la C3, vendue
à 280.000 exemplaires en seulement 13 mois.
Aujourd'hui, quatre ans et 202 millions d'euros d'investissement
plus tard, la C3 Pluriel est sur la route. Elaborée sur base de la
berline dont elle partage 60 % des pièces, la Pluriel ne présente
pourtant aucun élément de carrosserie commun avec cette dernière.
Plus haute de 4 cm et plus longue de 10 cm, elle adopte notamment de nouvelles
optiques avant et arrière alors que les arches de toit sont teintées
d'une couleur (gris clair ou foncé) différente de celle
de la carrosserie. Dans l'habitacle, la planche de bord est intégralement
identique à celle de la berline. Par contre, la teinte de la carrosserie
est omniprésente, avec des inserts de couleurs habillant les contre-portes
ainsi que la coque arrière du dossier des sièges. Les classiques
accoudoirs latéraux et poignées de portes ont quant à
eux cédé leur place à un "wishbone" couleur
métal qui court tout le long des contre-portes, évoquant immanquablement
l'univers des sports nautiques.
Berline
Sous le toit souple articulé, on retrouve l'univers de la berline
C3 en termes d'espace intérieur et d'habitabilité
aux places avant grâce à l'exploitation optimisée
de la hauteur inédite de l'habitacle (885 mm sous le pavillon
avant). Cette particularité a permis à Citroën de conserver
les assises semi-hautes (325 mm à l'avant et 355 mm à
l'arrière) synonymes d'une bonne vision panoramique. Malheureusement,
les imposants montants A (ceux du pare-brise) qui servent d'arceau
de sécurité en cas de retournement ternissent quelque peu
le tableau en obstruant systématiquement le champ de vision avant
en virage. La position de conduite est satisfaisante sans toutefois être
parfaite en raison notamment du débattement insuffisant du réglage
en hauteur (vers le bas) du siège. Par contre, les ingénieurs
ont eu la bonne idée de surélever l'ancrage des ceintures
de sécurité avant par rapport à la hauteur de caisse,
ce qui permet aux occupants de ne pas avoir les épaules "sciées",
comme c'est notamment le cas sur la Volkswagen New Beetle Cabriolet.
A l'arrière, l'espace disponible est suffisant pour deux
adultes de taille moyenne, ce qui constitue un avantage certain sur la Peugeot
206 CC n'offrant, quant à elle, que des places arrière
symboliques. Les ceintures de sécurité sont intégrées
aux dossiers, ce qui facilite considérablement le maniement de ces
derniers lorsqu'il s'agit d'agrandir le coffre.
Les quatre vitres électriques (à commande par impulsion à
l'avant) font partie de la dotation de série et s'escamotent
entièrement dans la carrosserie tant à l'avant qu'à
l'arrière. On regrettera toutefois de ne pas disposer de commande
unique actionnant les quatre vitres simultanément, opération
pourtant indispensable chaque fois qu'il s'agit d'enlever
les arches de toit.
Le coffre, d'une contenance de 266 litres (lorsque la capote reste
entre les arches), est plutôt généreux pour la catégorie.
Il dispose en outre d'un double accès (lunette ou volet de carrosserie)
particulièrement pratique. Au-dessus de leur tête, les occupants
bénéficient d'un toit souple articulé autour de
sept traverses métalliques assurant une rigidité optimale
et un guidage sans faille lorsque l'ensemble coulisse le long des arches
de toit. L'autre originalité de ce toit ouvrant multicouches
(à lunette arrière dégivrable) est d'être
composé d'une partie extérieure en PVC soudé sur
une trame de textile armé. Les avantages d'un tel système
sur une toile classique sont nombreux : tenue de la couleur, absence d'imprégnation
lente par l'humidité et grande facilité de nettoyage
(à la brosse ou à l'éponge).
Berline panoramique
La seconde configuration de la C3 Pluriel a été baptisée
par Citroën "berline panoramique". Il s'agit en réalité
de faire coulisser le toit ouvrant panoramique le long des arches. Pour
ce faire, une commande rotative située sur le plafonnier permet,
à n'importe quelle vitesse, d'ouvrir le toit en huit positions.
Il est ainsi possible de passer d'une ouverture de 20 cm à plus
d'un mètre carré de ciel bleu au-dessus de la tête.
Pour les sept positions d'ouverture intermédiaires, l'ouverture
est séquentielle. Par contre, pour replier la totalité du
toit (y compris la lunette arrière) au-dessus du coffre, il faut
appuyer sur la commande rotative. Le gros inconvénient de cette dernière
position est d'occulter totalement la visibilité arrière,
seuls les deux rétroviseurs extérieurs permettant d'avoir
une idée de ce qui se passe derrière la voiture.
Cabriolet
En partant de la configuration précédente (berline panoramique),
il est possible de se "débarrasser" du toit tout en conservant
les arches. Une fois le toit souple replié intégralement sur
la lunette arrière, formant ainsi une cassette de toit, il suffit
d'escamoter l'ensemble dans le fond du coffre en quelques secondes.
Cette opération s'effectue après avoir ouvert les deux
parties du coffre (lunette sur laquelle est repliée la toile et volet
métallique). Il faut ensuite déverrouiller la partie supérieure
(lunette et toile), et la faire basculer vers la partie inférieure
(coffre). Cette manuvre est facilitée par la présence
de vérins qui accompagnent le mouvement de rotation. Tout cela est
un peu compliquer à expliquer, mais dans la pratique, force est de
reconnaître que Citroën a fait du bon boulot. Pour protéger
la cassette de toit déposée dans le fond du coffre, les concepteurs
ont imaginé un plancher amovible très résistant (structure
en nid d'abeille) permettant de charger 100 kilos au-dessus de la cassette
sans risque d'endommager cette dernière. Une fois le toit replié
et le faux plancher mis en place, le coffre n'offre plus qu'une
contenance de 137 litres. Quant aux deux arches de toit démontables,
elles intègrent un tube de renfort en aluminium sur toute leur longueur,
offrant ainsi une protection efficace en cas de retournement.
Spider
Avant-dernière étape de la transformation, la manuvre
qui consiste à démonter les arches de toit s'effectue,
elle aussi, avec une étonnante facilité. Il suffit pour cela
d'actionner les mécanismes qui verrouillent les arches à
l'avant et à l'arrière pour les désolidariser
de la structure. A l'avant, l'arche est ancrée dans le
montant du pare-brise. Le verrouillage/déverrouillage s'effectue
par un mécanisme type "genouillère" identique à
celui utilisé pour fixer les capotes des cabriolets aux montants
du pare-brise avant. A l'arrière, c'est une petite poignée
télescopique qui permet de désolidariser le crochet d'ancrage.
Une fois ces deux opérations effectuées, il ne reste plus
qu'à se placer au centre de l'arche et à soulever
ses 12 kilos. Deux caches latéraux rangés sur la face interne
du capot du coffre permettent d'habiller le mécanisme d'ancrage
des arches lorsque celles-ci sont déposées. "Déposées",
c'est bien là le principal souci de cette configuration. D'une
seule pièce (pour une question de rigidité), les arches de
toit ne peuvent en effet pas prendre place dans le véhicule, ce qui
pose un double problème. Premièrement, il faut être
certain du temps qu'il fera lorsque l'on décide de partir
sans les arches. Il existe bien un couvre-tonneau pour protéger l'habitacle
lorsque la voiture est stationnée, mais aucune capote d'urgence
pouvant être mise en place sans les arches n'est pour l'instant
au programme. Ensuite, il faut pouvoir disposer d'un endroit de stockage.
Car Citroën a beau proposer en option des housses et autres crochets
de rangement muraux, il est nécessaire de disposer d'un garage,
ou au moins d'un débarras.
Pick-up
L'appellation est quelque peu usurpée, mais l'ultime configuration
de la C3 Pluriel se nomme "pick-up". A partir de la version "Spider", il est en effet possible de rabattre le dossier des
sièges arrière ( attention, les appuie-tête ne sont
pas escamotables puisqu'ils font office d'arceau de sécurité)
et d'obtenir ainsi une surface quasiment plane de 1.180 mm de long.
Cette surface de chargement peut en outre être encore allongée
par le basculement du volet de coffre arrière qui résiste
à une charge de 100 kilos. Cette configuration "pick-up"
ne va cependant pas sans poser quelques problèmes. Il est en effet
interdit de rouler avec le volet de coffre à l'horizontale.
Notamment parce que la plaque minéralogique devient illisible et
que les crochets d'arrimage ne permettraient pas de retenir les charges
embarquées avec suffisamment de sécurité. Ensuite parce
que, en l'absence des arches, ce sont les dossiers et les appui-tête
de la banquette arrière (intégrant un tube de renfort de 40
mm) qui font office de structure indéformable protégeant les
occupants en cas de retournement. Quelle est leur utilité s'ils
sont rabattus à l'horizontale ?
Sur la route
Pour animer sa C3 Pluriel, Citroën n'a retenu, dans un premier
temps, que deux des motorisations essence de la berline. Le 1.4 HDI est
prévu ultérieurement. Le 1.4 essence de 75 chevaux est accouplé
à une boîte de vitesse mécanique à cinq rapports,
alors que le 1.6 de 110 chevaux hérite de la boîte robotisée
SensoDrive à commandes au volant. Côté châssis,
l'essieu avant de la berline a été reconduit sans modification.
Par contre, le train arrière est spécifique à la Pluriel.
Il est doté d'une traverse déformable, d'amortisseurs
à encombrement réduit (pour gagner de la place dans le coffre
en raison de la présence du mécanisme de basculement de la
cassette de toit) et d'une barre antiroulis de plus grand diamètre.
Pour rigidifier la coque, la structure de la C3 Pluriel a été
renforcée par des éléments en acier spécial
à haute limite élastique, notamment au niveau des longerons.
Résultat, la Pluriel affiche un surplus pondéral de 130 kilos
par rapport à la berline. Un embonpoint qui se paie sur la route,
notamment avec le 1.4, quelque peu à la peine pour tirer les 1.136
kilos de la voiture. Le 1.6 est nettement plus agréable, mais ne
vous attendez pas à faire du sport avec la C3 Pluriel : elle n'a
pas été conçue pour cela ! La rigidité très
moyenne de l'ensemble et les remontées vibratoires dans l'habitacle
et la colonne de direction auront d'ailleurs vite fait de tempérer
vos ardeurs. Sous-vireuse dès qu'on la brusque un peu, la Pluriel
joue dans un tout autre registre que sa cousine 206 CC. Modulable, spacieuse
et sympathique, elle se veut paisible, prête à se transformer
dès les premiers rayons de soleil et capable de rendre bien des services
en matière de chargement. Bref, une voiture à vivre !
Au féminin !
Génial ! C'est le mot pour qualifier le nouveau concept
de la C3 Pluriel. Il permet de passer d'une berline confortablement
insonorisée à une version découvrable au gré
de ses envies. Rien n'empêche de quitter la maison le matin en
version berline et d'ouvrir le large toit ouvrant au premier rayon
de soleil. Plus tard, si la chaleur s'amplifie à l'heure
d'aller chercher les enfants à l'école, quelques
secondes suffisent pour rentrer la "cassette de toit" dans le
coffre, et l'on roule en cabriolet. Bébé pourra être
installé dans son siège dos à la route à l'avant
grâce à l'airbag déconnectable et deux autres enfants
pourront être installés à l'arrière où
des fixations Isofix sont disponibles. Deux adultes pourront également
s'installer à l'arrière. Un porte-cannette et des
poches aumônières sont à leur disposition. L'habitacle
est très gai, notamment grâce aux tôles apparentes couleur
carrosserie et au plastique gris clair en "nid d'abeilles"
marié au gris foncé. Petit point noir: la finition est toujours
trop approximative, un reproche déjà fait à la berline.
Autre version possible de la Pluriel: la transformer en roadster. Mais pour
enlever les arches, il faudra qu'il fasse grand bleu et disposer d'un
endroit pour les remiser: à noter qu'il existe au rayon "accessoires"
un support pour les suspendre proprement et des housses pour les protéger.
De même si l'on part en version roadster, on aura tout intérêt
à se munir du couvre-tonneau style K-way qui protègera l'habitacle
en cas d'averse.
Populaire, familiale, bénéficiant d'un concept inédit
et archi facile d'utilisation, la C3 Pluriel devrait faire un malheur:
environ 150commandes fermes sont d'ores et déjà enregistrées
en Belgique.
Conclusion
Chez Citroën, les bonnes idées sont de retour. Sans aucune
concurrente sur le marché, la C3 Pluriel offre quatre voitures
(ou presque...) en une. Reste à savoir quelle sera la tenue
dans le temps des différents mécanismes modulaires (notamment
l'ajustement des arches de toit) car la rigidité de la caisse
est loin d'être parfaite.
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