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Bête à bon Dieu, la Coccinelle des temps
modernes enlève le haut pour mieux profiter du ciel. Séductrice
en diable avec sa capote pliée en sac à dos, elle joue à
fond la carte néo-rétro pour rassembler ses fidèles.
Mais encore ?
Il aura donc fallu cinq ans aux responsables de Volkswagen pour décapsuler
leur New Beetle. Une opération qui renvoie, plus encore qu'avec la
berline, un demi-siècle en arrière, lorsque la Coccinelle
Cabriolet (1949) symbolisait la démocratisation de la conduite en
plein air. A l'époque, pas moins de 330.281 clients s'étaient
laissé séduire par le concept épuré d'une berline
compacte à quatre places proposée à un prix démocratique.
Aujourd'hui, la New Beetle Cabriolet s'est vue confier une double mission
: accrocher le coeur des nostalgiques de la "Cox" et assurer la
succession de la défunte Golf Cabriolet (en attendant la nouvelle).
Une tâche difficile car, au total, ce sont précisément
684.193 Golf découvertes des trois générations confondues
qui furent livrées de par le monde. Un chiffre qui sera difficile
à égaler.
Sac à dos
Les designers allemands ne s'y sont pas trompés : conquérir
une nouvelle clientèle passait inéluctablement par une référence
très forte au modèle de l'époque. Avec ses formes en
arc de cercle, la Beetle berline avait réussi son coup. Au niveau
stylistique du moins, car les ventes sur le Vieux Continent ont été
particulièrement difficiles à faire décoller, en raison
notamment de l'absence totale de rationalité d'un tel véhicule
(manque d'espace intérieur). La version cabriolet joue dans le même
registre, en faisant clairement référence aux éléments
stylistiques distinctifs de son aînée, principalement au niveau
de la capote. Contrairement aux solutions proposées sur les cabriolets
"modernes", la New Beetle Cabriolet a en effet décidé
de ne pas dissimuler sa capote repliée sous un élément
de carrosserie amovible, mais au contraire de la laisser bien en évidence,
tel un sac à dos. Force est de reconnaître que c'est plutôt
bien joué au niveau de l'identité du véhicule, même
si cette solution entraîne quelques désagréments, notamment
au niveau de la rétrovision.
Proposée de série en version manuelle (électrohydraulique
en option), la capote en toile est dotée d'une lunette arrière
dégivrable en verre. Pour ouvrir, la capote se déverrouille
d'une seule main à l'aide d'un levier situé au niveau de la
traverse avant. Une simple pression sur un bouton permet de tourner ledit
levier pour libérer la capote de son arrêt dans le cadre du
pare-brise. Les vitres latérales électriques descendent alors
de 6 cm pour permettre de replier la capote vers l'arrière. Une fois
le "sac à dos" en place, il peut être recouvert d'un
couvre-capote livré en série.
Comme l'immense majorité des cabriolets quatre places du marché,
la Beetle se passe des disgracieux anneaux de sécurité fixes
venant couper la ligne fluide de la voiture. Les éléments
de sécurité rétractables prennent donc place dans le
dossier des sièges arrière, et sortent de leur emplacement
en 0,25 seconde si les détecteurs de chocs analysent un risque potentiel
de retournement. A l'avant, c'est le cadre du pare-brise, largement renforcé
dans sa structure, qui fait office d'arceau de sécurité.
"Cab-forward"
Jusque dans les années 80, le conducteur et le passager avant des
cabriolets avaient l'habitude de voyager en plein vent. La taille restreinte
du cadre de pare-brise et l'assise des sièges positionnée
assez loin en retrait de ce cadre faisaient en sorte que les occupants n'avaient
que le ciel au-dessus de la tête. Aujourd'hui, les pare-brise ont
grandi, notamment en raison du rôle d'arceau de sécurité
que joue le cadre. Malheureusement, on a quelque peu perdu en sensation
en raison de la traverse qui s'interpose entre la tête des passagers
et le ciel. De ce côté, le Beetle Cabriolet tire son épingle
du jeu grâce à son principe de "cab-forward". Les
lignes très arrondies de la voiture ont en effet nécessité
l'implantation du pare-brise très en avant, comme dans un monovolume.
Du coup, le conducteur et le passager avant n'ont rien au-dessus de la tête
et l'impression de liberté s'en trouve renforcée, d'autant
que les deux sièges avant son légèrement décalés
vers le centre.
Au moment de pénétrer dans l'habitacle, les premiers changements
se manifestent dès l'ouverture des portières. Les boutons
de verrouillage habituels des portes ont disparu au profit de diodes lumineuses.
Cette opération a été rendue nécessaire par
la nature même du cabriolet, susceptible d'être stationné
capote ouverte.
A l'avant, l'ensemble du cockpit a été repris tel quel de
la New Beetle, à l'exception de la console centrale bénéficiant
notamment d'un nouveau porte-gobelets pivotant de plus grande capacité.
Malheureusement, une proéminence mal placée au niveau des
commandes de chauffage vient systématiquement heurter le genou (du
moins pour ceux qui ont de grandes jambes), et ce, que l'on se trouve côté
passager ou conducteur. J'ai également été déçu
par la qualité des plastiques utilisés pour les contre-portes,
largement inférieure à ce que Volkswagen a l'habitude de nous
proposer. Autre nouveauté : l'accoudoir central avant. Très
agréable à utiliser, il renferme un boîtier verrouillable
disposé à accueillir un chargeur 6 CD en option. Notez encore
que le point d'ancrage des ceintures de sécurité avant n'est
pas réglable et situé largement en dessous de la hauteur d'épaule
des grands gabarits, ce qui s'avère rapidement inconfortable.
A l'arrière, la bonne surprise vient des vitres entièrement
escamotables, grâce à un guidage et une cinématique
particulièrement sophistiqués. La banquette a été
entièrement redessinée. Plus étroite que celle de la
berline, elle sert en même temps d'habillage au système d'arceaux
escamotables. Deux adultes peuvent y prendre place pour aller à la
plage, à condition toutefois que le lieu de résidence n'en
soit pas trop éloigné. L'espace aux genoux est en effet compté
et l'assise du dossier trop verticale.
Vibrations
Comme tous les cabriolets, la Beetle a fait l'objet de renforcements structurels
destinés à compenser le manque de rigidité issu de
la perte du toit. Des tubes en acier ont ainsi été incorporés
aux montants A et B, de même que dans les portes et au niveau de la
traverse située sous la banquette arrière. En outre, l'ensemble
moteur/boîte de vitesses a été conçu comme un
amortisseur de vibrations alors qu'une cuvette de renforcement en aluminium
a pris place sous le moteur et que le train arrière bénéficie
de renforts diagonaux. Du coup, Volkswagen affirme que sa New Beetle Cabriolet
est la meilleure de sa classe en matière de comportement vibratoire.
Je serai pour ma part un peu plus nuancé, notre version d'essai présentant
de nombreuses vibrations parasites, en particulier sur revêtement
dégradé.
En tout état de cause, il s'agit d'une voiture destinée à
la ballade n'appréciant que très moyennement d'être
menée à allure rapide. Les lois d'amortissement souples et
les motorisations disponibles n'incitent d'ailleurs pas à l'attaque.
Le 1.4 de 75 chevaux, bien connu dans la gamme Volkswagen (Lupo, Polo, Golf,
Bora), se montre même carrément trop juste, alors que les 1.6l
102ch et 2 litres 115ch permettent à la Beetle Cabrio de se mouvoir
avec plus d'aisance mais sans jamais faire preuve d'un caractère
très affirmé. Le 1.9 TDI 100 chevaux prévu ultérieurement
devrait constituer le meilleur compromis grâce à son couple
omniprésent, apte à digérer plus facilement le surplus
pondéral propre à la version cabriolet. Les versions 1.4 et
1.6 sont disponibles uniquement en boîte manuelle cinq vitesses, alors
que la 2 litres peut recevoir la transmission automatique Tiptronic à
six rapports.
Conclusion
Conçue avant tout pour la balade cheveux au vent, la Beetle Cabrio
remplit parfaitement sa fonction. La capote repliée en sac à
dos lui donne une touche rétro qu'aucun cabriolet du marché
ne peut prétendre offrir actuellement. Les vibrations parasites
et le manque de brio des moteurs ternissent quelque peu le tableau. Vivement
l'arrivée du TDI...
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