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Bienvenue dans un monde que le commun des mortels
ne connaîtra jamais: celui de Maybach. Un monde où la route
ressemble à un conte de fées et où le champagne coule
à flots !
Couché
Un luxe inouï
Grosse Classe S
Conclusion
Certes, vous vous êtes levé un peu tôt pour prendre votre
avion. Mais dès votre arrivée à l'aéroport,
les gens vous semblent plus aimables qu'à l'accoutumée.
C'est que, Maybach oblige, vous voyagez en business class. L'hôtesse
ne vous jette pas un sandwich (ou un tarif) à la figure mais vous
demande ce qui vous ferait plaisir. A votre descente d'avion, un homme
en costume-cravate vous attend avec votre nom sur une petite pancarte siglée
Maybach. Votre chauffeur. Il va vous faire découvrir le nec plus
ultra en matière d'automobiles de luxe: la toute nouvelle Maybach
62, version longue de cette marque quasi centenaire, relancée par
le groupe DaimlerChrysler pour concurrencer ni plus ni moins que la très
poussiéreuse Rolls-Royce !
| Couché ! |
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Avec ses 6,17 mètres de long, votre Maybach en impose. Sa peinture
bi-ton tranche avec ses lignes relativement discrètes
toute
question de dimensions mise à part. En homme attentif, votre dévoué
vous ouvre la porte arrière droite, celle qui donne accès
à la place qui sera certainement la plus souvent utilisée
par les futurs propriétaires de Maybach 62 (il existe aussi une "petite"
version 57 de 5,70 mètres de long mais ceci ne vous concerne évidemment
pas, vous qui ne voulez entendre parler que de ce qui se fait de mieux en
matière d'automobiles!). Impatient de quitter cette place de
parking non autorisée (allez-y pour trouver une place de 6 mètres
17: vous pourriez y mettre deux Smart et demie!), le garçon oublie
de refermer votre porte. Qu'à cela ne tienne: un petit bouton,
situé sur le pavillon, vous permet de la refermer électriquement.
Magique !
Et là, vous vous sentez comme perdu. Les ingénieurs Maybach
auraient-il oublié de mettre une rangée de siège? En
tout cas, malgré des jambes plus longues que celles d'Adriana
Karembeu, vous ne touchez pas le siège avant. A quoi peuvent bien
servir tous ces centimètres "inutiles"? On verra plus tard.
Pour le moment, vous vous contentez de régler la climatisation à
votre goût, tandis que la superbe créature installée
à vos côtés (l'hôtesse de l'avion, pas
le chauffeur!) en fait de même. Chacune des quatre places de la Maybach
dispose en effet de ses propres réglages, avec trois bouches d'aération
pour chaque occupant. Vous n'omettez pas non plus d'enclencher
la ventilation interne du siège, histoire d'arriver frais et
dispo à destination, puis vous réglez la position de votre
siège. Tout est électrique, du réglage de l'appui-tête
à celui de l'assise. Un bouton vous intrigue toutefois. Celui-ci
permet en fait de mettre votre siège en position couchette. C'est
là que l'espace disponible face à vous prend tout son
sens! Que vous mesuriez 1 mètre 60 ou 1 mètre 90, vous pouvez
en effet vous allonger complètement, comme dans les meilleurs avions
longs courriers
en classe affaires évidemment! Le petit coussin
séparé disposé sur l'appui-tête vous donne
envie de piquer un petit somme. Mais comme c'est la première
fois que vous voyagez en Maybach, vous attendez encore un peu avant de plonger
dans vos songes. L'heure est à la découverte. Et il y
en a des choses à découvrir dans une Maybach !
| Un luxe inouï ! |
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Allongé dans votre fauteuil princier (Laurent ne s'est-il pas
marié en Maybach!?), vous remarquez que votre chauffeur, assis très
loin de vous (un peu comme lorsque vous êtes assis à l'arrière
d'un Grand Espace!), a déjà démarré. Aucun
bruit, aucun à-coup
On y reviendra puisque vous prendrez le
volant tout à l'heure, histoire de montrer à votre subordonné
qui est le patron! Pour le moment, vous vous intéressez plutôt
au luxe inouï des places arrière. Tout est recouvert d'un
cuir d'une qualité exceptionnelle, de daim d'une élégance
rare et d'un bois précieux qui ne déparerait pas dans
votre nouvelle villa! Le toit est translucide et, avec ses croisillons en
bois, fait penser à la verrière du Titanic. Voilà une
pensée qui vous donne quand même envie de surveiller la conduite
de votre chauffeur! Via les commandes qui sont à votre disposition
à l'arrière, vous inclinez donc le dossier du siège
avant droit et vous en abaissez l'appui-tête. Vue imprenable
sur la route, allongé comme un pacha! Vous jetez un il au compteur
de vitesse intégré au ciel de toit. 200 km/h, et vous vous
êtes à peine rendu compte que vous étiez parti! Ah oui,
j'ai oublié de vous préciser que vous vous trouvez dans
un pays dont les dirigeants politiques savent ce qu'est une automobile
moderne, l'Allemagne!
A côté du tachymètre: une horloge et le thermomètre
de température extérieure. 39 degrés! Vous essayerez
les sièges chauffants et la couverture Maybach rangée dans
le coffre un autre jour! De toute façon, ces accessoires sont d'une
banalité affligeante à côté de ce que vous réservent
encore les places arrière de votre limousine. Votre regard est attiré
par les écrans intégrés aux dossiers des sièges
avant. Radio, CD, télé et même DVD sont à votre
entière disposition. Et chacun peut choisir le programme de son choix.
Pendant que votre conquête du jour regarde la télé allemande,
vous choisissez un petit concert de musique classique sur DVD, chacun disposant
d'écouteurs sans fil l'isolant complètement du monde
extérieur. Dans ces conditions, la route n'est plus vraiment
la route et vous avez vraiment la sensation de voyager dans un avion en
"business class"! Mieux même car votre siège vous
distille un petit massage bien agréable pour ne pas vous ankyloser.
Il dispose également de réglages de soutiens latéraux
et lombaires, pour votre plus grand confort.
En option, vous auriez également pu vous payer un humidificateur,
des rideaux latéraux (il y en a un pour la lunette arrière,
bien sûr électrique) et une cloison pour vous isoler du chauffeur
mais vous avez su rester simple!
Un travail urgent à terminer? La tablette en bois sort comme par
enchantement!
Soif? C'est là que ça devient grandiose (comme si ça
ne l'était pas déjà suffisamment!). Une bouteille
de champagne Roederer (un des meilleurs, NDLR) repose au frais, dans le
(grand) frigo situé entre les sièges arrière. Et des
flûtes en argent, siglées Maybach, vous permettent de déguster
la précieuse boisson dans des conditions que vous n'aviez jamais
imaginées, d'autant plus que les ingénieurs ont développé
un système particulièrement intelligent, qui permet de poser
lesdites flûtes sans qu'elles se renversent en virage, au freinage
ou à l'accélération. Il suffit d'appuyer
avec le bas du verre sur le logement en bois prévu à cet effet
et des petits clips viennent l'emprisonner. Il suffit de tirer vers
le haut pour le libérer. Seule une spéciale du Rallye des
1000 Lacs pourrait poser problème! Bon, on n'a pas essayé
mais il était quand même temps de passer derrière le
volant (rassurez-vous, nous n'avons débouché le champagne
qu'après) !
| Grosse Classe S |
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Petite déception en s'asseyant à l'avant: le meuble
de bord, le tableau de bord et le volant sont ceux d'une "simple"
Mercedes Classe S, tout juste rehaussés de quelques matériaux
plus luxueux. Les boutons du volant, par exemple, sont en bois précieux.
Un peu kitsch mais agréable au toucher et très "haut
de gamme"!
Pour démarrer, une simple pression sur le bouton situé au
sommet du levier de vitesse automatique suffit. Le V12 de 5,5 litres et
550 chevaux n'émet aucun bruit. Impossible de savoir qu'il
tourne, sauf en regardant le compte-tours! Notre chauffeur nous recommande
de faire attention en tournant car avec 6,17 mètres de long, on a
toujours tendance à vouloir le faire trop tôt! A part ça,
à première vue, ça roule comme une
Mercedes.
Sauf que la boîte automatique à 5 rapports est très
très lente en mode normal, afin de garantir un confort de roulage
optimal. En "sport", c'est bien mieux et on a l'impression
de conduire, pas de se simplement se déplacer dans le plus grand
confort possible. Cela n'a rien de sportif: c'est tout simplement "normal".
Idem pour les supensions: en mode confort, la Maybach se vautre sur ses
pneus avant au premier virage abordé à une allure autre que
celle d'un sénateur et fait crisser la gomme sur l'asphalte.
En "sport", elle devient presque (la nuance est importante!) aussi
agile qu'une Classe S et permet d'enchaîner les virages
sans se traîner. Quant au moteur, il pousse, évidemment! Malgré
les 2.855 kilos à vide, la Maybach 62 accélère de 0
à 100 en 5,4 secondes, ce qui est quand même impressionnant!
Et en reprise, avec ses 900 Nm de couple dès 2.300 tr/min, elle ne
craint personne: c'est tout simplement le record de la production automobile
actuelle, la Bentley Arnage T et ses 875 Nm étant battue d'un
souffle!
Les freins ont l'air de marcher mais nous ne les avons pas trop sollicités.
En fait, nous étions pressés une fois n'est vraiment
pas coutume! de retourner à l'arrière. Pour faire joujou
avec les différents équipements électronique, siffler
la bouteille de champagne et piquer un petit somme. Dure, la vie de journaliste
automobile !
| Conclusion |
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Un monde à part, à n'en pas douter ! Reste à
convaincre les acheteurs de ce genre de voiture de choisir une marque
aussi peu connue. Les sièges arrière couchettes pourraient
bien aider Maybach dans cette tâche pas évidente, même
si la 62 est plus chère qu'une Rolls : 423.500 euros
TVAC au lieu de 387.200. Huit personnes ont pourtant déjà
commandé une Maybach en Belgique !
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