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Peugeot 307 CC & Renault Mégane Coupé-Cabriolet : Duel au soleil

Rivaux jusqu'au bout des pneus, ces deux coupés à toit rigide amovible débarquent en même temps sur nos routes. Mais ne vous y trompez pas: même si elles partagent un concept identique, les deux françaises sont loin d'être des clones et déclinent chacune à leur manière le thème de la balade au grand air.


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Question de volume
Sécurité en option
Ambiances contrastées
Le poids, c'est l'ennemi
Le moteur de la 206RC !
Le diesel, sinon rien ...
Conclusion

En automobile peut être encore plus que dans d'autres domaines, le langage évolue et les néologismes foisonnent. En témoigne l'appellation de coupé-cabriolet. Coupé ou cabriolet? Les deux, Monseigneur! Ce tour de passe-passe a été rendu possible grâce au retour du toit rigide escamotable. Retour, car il ne s'agit pas à proprement parler d'une nouveauté, mais plutôt d'une redécouverte. Mercedes, avec sa SLK, a largement contribué au renouveau du genre, suivi par Peugeot et sa 206 CC. Il faut dire que le principe est séduisant: un toit rigide très bien isolé lorsqu'il fait mauvais, et un beau cabrio à la ligne pure (sans arceau apparent) pour les beaux jours. Si on y ajoute la manipulation rapide et entièrement automatique du toit, on comprend mieux que le marché des "silhouettes plaisir" (regroupant coupés, cabriolet et coupé-cabriolet) n'a cessé de croître depuis 1995. De 421.000 immatriculations cette année-là, on est passé à 530.000 unités en 2002 au niveau européen, ce qui constitue environ 3,6% du total des ventes.
C'est donc dans un segment en plein essor que débarquent nos deux protagonistes. Dérivées des berlines correspondantes (307 et Mégane), elles n'en reprennent pourtant que quelques éléments de carrosserie, en raison des impératifs liés aux spécificités des "CC".

Question de volume

Les ingénieurs n'ont guère eu le choix: il a fallu augmenter le porte-à-faux. De 14 cm sur la 307 (qui conserve le même empattement que la berline bi-corps) et de 25 sur la Mégane (qui voit pourtant son empattement perdre 10 cm). Du coup, on a l'impression que la Renault est plus longue que la Peugeot, alors que les deux voitures affichent exactement la même taille de 4,35 mètres.
Pas forcément très esthétique, cet embonpoint du postérieur était indispensable à la conservation d'un volume de chargement honorable. En configuration coupé (toit en place), la Mégane affiche même la valeur record de 490 litres (contre 330 pour la Mégane bi-corps), alors que la 307 se contente de 350 litres (340 pour la berline). Une différence de 140 litres qui s'explique en partie par le fait que Peugeot ait opté pour une véritable roue de secours, de taille identique aux quatre autres mais en tôle, rangée dans le fond du compartiment. De son côté, Renault a préféré faire de la place en proposant une bombe anti-crevaison et un mini compresseur (système qui n'est d'aucun secours si le pneu est éventré). Une fois le toit plié dans le coffre, la 307 prend sa revanche en proposant un volume de 204 litres, contre 190 pour la Mégane. Mais dans un cas comme dans l'autre, il est inconcevable de partir en voyage le toit dans le coffre. Il faudra donc se contenter de le replier une fois arrivé à destination.

Sécurité en option

Chacun des deux constructeurs présente sa voiture comme une "quatre places". Ce n'est pas totalement faux, surtout dans le cas de la Peugeot qui offre une largeur aux coudes et un espace aux genoux plus important que sa rivale. Derrière les appuis-tête de la banquette sont dissimulés les arceaux destinés à protéger la tête des occupants en cas de retournement. Chez Peugeot, ces arceaux sont munis en série d'un système d'extraction pyrotechnique, alors qu'ils sont fixes sur la Mégane (télescopiques en option). Le seul problème, c'est que si vous mesurez, comme moi, 1 mètre 90, la partie supérieure du crâne dépasse largement l'arceau. Autrement dit: soit vous payez (l'option télescopique), soit vous êtes scalpé en cas de retournement! Etonnant, surtout de la part de Renault qui a l'habitude de glaner régulièrement 5 étoiles aux crash-tests Euro NCAP... Dans le même ordre d'idée, sachez que le contrôle de stabilité ESP, de série sur la 307 CC, est en option (600 euros) sur la Mégane. Renault prend cependant sa revanche en matière de sécurité passive puisque, outre les airbags frontaux et latéraux avant tête-thorax qu'elle partage avec la 307, la Mégane dispose également d'un airbag anti-glissement implanté dans les assises des sièges avant.

Ambiances contrastées

Ceux qui apprécient la position de conduite type monospace de la 307 seront probablement déroutés au moment de prendre place à bord de la CC. On y est effectivement assis plus bas de 40 mm, et dans des sièges très enveloppants. Si l'on y ajoute l'assiette générale plus basse de 12 mm que celle de la berline, on commence à percevoir le traité sportif que Peugeot a voulu donner à son interprétation du concept de coupé-cabriolet. Cela dit, on est également assis plus bas dans la Mégane Coupé-Cabriolet que dans la Mégane berline. Mais de 24 mm seulement, et dans une ambiance nettement plus bourgeoise que celle de la Peugeot.
Parlons-en, de l'habitacle. Celui de la Mégane correspond aux standards de qualité de la marque tant en matière de choix des matériaux qu'en ce qui concerne la qualité d'assemblage. Malheureusement, tout cela paraît presque fade par rapport au traitement que Peugeot a voulu donner à sa 307 CC. Aluminium et inserts métalliques sont omniprésents (pédalier, repose-pied, sélecteur de vitesse, console, aérateurs, etc.). Tout cela est du plus bel effet, même si, intrinsèquement, on ne peut pas dire que la Peugeot soit mieux finie que sa rivale. Quant aux équipements, un coup d'oeil à notre tableau récapitulatif vous permettra de constater que les deux protagonistes sont richement dotées.

Le poids, c'est l'ennemi

Colin Chapman n'a cessé de le répéter durant toute sa carrière: le poids, c'est l'ennemi! Nous en avons une fois de plus la démonstration dans ce match. Pour compenser l'importante perte de rigidité structurelle issue du "décapsulage" des deux voitures, les constructeurs ont disposé d'importants renforts de caisse un peu partout sur le châssis. Résultat: ces coupés-cabriolets sont lourds, très lourds. Environ 1,5 tonne! Imaginez, c'est entre 200 et 250 kilos de plus que les berlines correspondantes. Une petite image pour vous faire réfléchir: lorsque vous roulez à deux dans la Mégane CC, c'est comme si vous étiez 6 dans une Mégane berline! Cela vous donne une idée des performances plutôt moyennes de ces deux voitures. On y reviendra.
Par contre, force est de constater que, dans un cas comme dans l'autre, les renforts jouent admirablement bien leur rôle. Les deux coupés-cabriolets souffrent relativement peu des phénomènes vibratoires qui affectent généralement les voitures découvertes. Cela étant posé, Renault et Peugeot prolongent sur la route les différences déjà observées dans le traitement de l'habitacle et au niveau de la hauteur de caisse. La Mégane est bourgeoise, la 307 est sportive. Quelque peu réducteur, ce résumé correspond au sentiment que l'on éprouve au volant de chacune. La direction à assistance électro-hydraulique de la Renault n'incite pas vraiment à l'attaque en raison de son manque patent de précision, et les mouvements de caisse en conduite active vous rappellent vite que cette voiture n'est pas faite pour le sport. Typée confort, elle ravira par contre les amateurs de balade en toute décontraction.
Changement de ton côté Peugeot. Le train avant est redoutable d'efficacité. Rarement sous-vireur, il inscrit parfaitement la voiture dans les courbes et l'arrière "enroule" avec bonheur. Le comportement d'ensemble est parfaitement homogène, et il est vraiment possible de se faire plaisir au volant de cette voiture. Il ne reste plus aux responsables de la marque sochalienne qu'à trouver une boîte de vitesses plus rapide et au guidage plus précis...

Les "CC" au féminin

Dernière tendance mode chez les constructeurs français : le petit cabriolet qui se transforme en coupé en 20 secondes chrono. Rouler cheveux au vent au moindre rayon de soleil et bien calfeutré aux premiers frimas, c'est un peu comme si Jacquouille actionnait à volonté l'interrupteur: hiver, été, hiver, été, hiver, été... Magique !
Côté ambiance à bord, j'ai un petit faible pour la 307CC, surtout en version "Cuir intégral": planche de bord, bandeaux, accoudoirs de porte et sièges sont revêtus de cuir façon sellier, avec piqûres apparentes. C'est superbe et chaleureux ! J'aime aussi la note sportive rythmée par le repose-pouce, le pommeau de levier de vitesse, le pédalier et le repose-pied métallique. Un cran au-dessus de la Mégane, qui paraît plus austère malgré son toit transparent qui donne l'impression de rouler à ciel ouvert par tous les temps. Si la Mégane offre plus de rangements à l'avant avec notamment des rangements à couvercle dans les portes et un coffre-accoudoir central - les deux voitures disposant de l'indispensable double porte-canettes -, à l'arrière, c'est la Peugeot qui se montre la plus accueillante avec un petit rangement escamotable et des poches aumônières. Les passagers arrière disposent de plus d'espace et sont mieux installés dans des sièges bien creusés et au dossier moins droit que dans la Mégane. Mais pas d'illusion : deux adultes ne supporteront pas faire beaucoup de kilomètres ainsi. Par contre, les enfants sont chouchoutés. Des fixations Isofix sont prévues aux deux places arrière, Renault poussant même la prévenance jusqu'à en installer à l'avant. Les deux airbags sont déconnectables, permettant d'installer un siège dos à la route.
Mais il faudra laisser les mômes à la maison si vous voulez rouler décapoté et installer votre filet antiremous, indispensable à moyenne vitesse et super-efficace sur l'une comme sur l'autre. Hyper-faciles à installer, ils se plient en quatre pour se ranger dans le coffre mais sont identiquement proposés en accessoire.
Au rang des gâteries, notons sur la Mégane la carte mains libres qui permet le démarrage sans clé, l'astucieuse trappe à carburant sans bouchon et la boîte à gants qui se verrouille automatiquement en roulant. La 307 riposte avec une grande boîte à gants réfrigérée.
Terminons le tour du propriétaire par le coffre: petit avantage à la Mégane en terme de volume en version coupé mais la tendance s'inverse une fois le toit replié. Vivement quand même qu'on invente un toit repliable en trois parties pour faciliter l'accès aux bagages une fois le toit replié car sur nos deux concurrentes, c'est façon boîte aux lettres ! A noter que le coffre de la 307 est plus carré, doté d'un filet de retenue et qu'il est pourvu d'une vraie roue de secours alors que sur la Mégane, on a droit à une bombe de dépannage. Mais, me direz-vous, la roue c'est bien, encore faut-il trouver un mec pour la changer !
Ah, ces nanas !
Le moteur de la 206RC !

Cette différence de philosophie, on la retrouve également au niveau des motorisations. Trois moteurs essence (dont un de 180 chevaux!) et pas de diesel (pour l'instant) chez Peugeot, deux essence plutôt "gentils" et un diesel chez Renault. La messe est dite!
Commençons par la marque au lion. Quelle ne fut pas notre surprise, au moment de la première présentation de la voiture, de constater qu'aucune motorisation diesel n'était au programme. Un sacré handicap sur un marché où, plus souvent à tort qu'à raison d'ailleurs, on ne jure plus que par le dieu "Diesel". En réalité, Peugeot n'a aucune intention de faire l'impasse sur les moteurs diesels pour sa 307 CC. Simplement, le lion n'a pas voulu intégrer le HDI actuel en sachant qu'une toute nouvelle génération de moteurs diesels fera bientôt son apparition. En attendant, il va se faire grappiller des clients par Renault.
Côté essence, la 307 hérite de trois moteurs. Le premier, que nous n'avons malheureusement pas pu essayer, est un 1.6 de 110 chevaux permettant, selon le constructeur, d'emmener la 307 CC à 191 km/h tout en passant de 0 à 100 km/h en 12,7 secondes. La seconde proposition n'est autre que le 2 litres 16V 138ch qui équipe notamment la 206 GTI. Autant vous dire tout de suite qu'ici, il n'est nul question de GTI puisque le 0 à 100 km/h est abattu en 10,3 secondes (vitesse maxi 207 km/h). Des chiffres d'accélérations pas vraiment sportifs et qui malheureusement collent également à la peau de la 307 CC équipée du moteur de 180 chevaux (206 RC): 0 à 100 km/h en 9,4 secondes (225 km/h en pointe). Il s'agit pourtant là d'un bien beau moteur, qui se distingue de la version 138 chevaux essentiellement dans sa partie haute. Avec son système de distribution variable en continu, il se montre plein à tous les régimes et peut, si nécessaire, aller "taper" 7.300 tr/min.

Le diesel, sinon rien ...

Pas de miracle non plus chez Renault, où la Mégane Coupé-Cabriolet hérite d'une gamme de moteurs que son embonpoint notoire met à rude épreuve. Heureusement pour elle, la palette de motorisations comprend le très bon 1.9 dCi disponible en version 115 ou 120 chevaux, et dont le couple se joue aisément des kilos supplémentaires. Avec lui, il faut "enrouler" à bas régimes et profiter de l'excellente boîte six vitesses. Les facteurs de performances sont loin d'être ridicules (200 km/h en pointe et 0 à 100 km/h en 10,9 secondes) et il se contente d'une consommation moyenne de 5,5l/100km. Comme ce fut le cas avec la 307, nous n'avons pas pu prendre en main la version d'attaque équipée du 1.6 de 113 chevaux, mais elle devrait être réservée aux amateurs de conduite paisible, ce qui d'ailleurs sied fort bien à la philosophie globale de la voiture. Reste donc le 2 litres 16V, disponible en boîte manuelle ou automatique à quatre rapports. Mais franchement, à choisir, je prendrais le dCi. Malheureusement, ce dernier n'est pas disponible en transmission automatique, et il faudra attendre l'arrivée du 1.5 dCi de 100 chevaux pour en bénéficier.

Conclusion

Très semblables dans leur conception, ces deux rivales affichent pourtant chacune une personnalité qui leur est propre. Au risque d'être réducteur, on citera le sport pour la 307 et le confort pour la Mégane. Mais tout cela est bien relatif puisque leur excédent de poids respectif les rend nettement moins dynamiques que leur homologue à toit fixe. Reste qu'avec son toit en verre (de série) et son moteur diesel, la Mégane risque de faire figure d'épouvantail sur les marchés fortement mazoutés. En attendant que Peugeot lâche ses nouveaux HDI...


Françaises à toitures allemandes!

Même s'ils sont assemblés en France, le toits rigides escamotables qu'utilisent la Mégane Coupé-Cabriolet et la Peugeot 307 CC sont fabriqués en Allemagne par des Allemands. Plus précisément, c'est la société Karmann d'Osnabrück qui fournit les toits à Renault, alors que Peugeot fait appel à CTS, firme située à Mülheim-an-der-Ruhr (à vos souhaits!), et qui sous-traite également pour Mercedes.
Question pratique, les deux systèmes fonctionnent exactement de la même manière. Une pression continue sur un bouton suffit à mettre le dispositif en branle, et il ne faut alors que 25 secondes à la 307 et 22 secondes à la Mégane pour passer du statut de cabriolet à celui de coupé, ou inversement. Aucun verrouillage manuel n'est nécessaire, et l'opération peut même s'effectuer en roulant (10 km/h pour la Peugeot, 5 km/h pour la Renault). Vous n'avez donc pas à vous arrêter et à tirer le frein à main, ce qui permet de passer d'une configuration à l'autre dans les files de voitures, dans les embouteillages ou à un feu rouge sans risquer de bloquer tout le monde.
Originalité de la Mégane: elle offre, en série, un toit escamotable en verre. Outre le fait de prolonger le plaisir du cabriolet en configuration coupé, cette particularité donne une réelle impression d'espace dans l'habitacle. Pour faire barrage aux rayons solaires, Renault a opté pour un verre d'une épaisseur de 3,15 mm. Bien que plus silencieux qu'une capote en toile (- 2 décibels), ce toit en verre offre cependant une filtration phonique inférieure à celle d'un toit traditionnel en acier garni de capitonnage. Autre bémol: le rideau pare-soleil fixé dans la traverse arrière ne nous est pas apparu d'une qualité irréprochable.

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