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Alfa GT : Alfatissimo !

Avec son nouveau coupé GT, Alfa renoue avec son "fil rouge", celui des coupés de caractère. Dessiné par Bertone, celui-ci entend à nouveau jouer dans la cour des grands. Découverte ...


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Les gènes de la 156
Trois puis quatre moteurs
De quoi ravir les alfistes
La grande saga des coupés Alfa
Conclusion

Au sein du groupe Fiat, la "Business Unit Alfa" tourne à plein rendement. Elle engrange même de sérieux bénéfices. Alors, autant battre le fer tant qu'il est chaud et rentabiliser au maximum cette 156 dévoilée il y a cinq ans déjà et conçue par le Centro Stile Alfa placé à l'époque sous la direction de Walter de Silva, aujourd'hui "chief designer" de la branche Lamborghini-Audi-Seat du groupe VW. Avec plus de 600.000 versions de cette 156 déjà fabriquées et en attendant une "all road"  prévue au milieu de 2004, Alfa n'arrête pas de peaufiner ce modèle à succès. Il y a quelques mois, Giugiaro lui redonnait un coup de peigne tout en lui greffant un très beau 5 cylindres diesel "multijet" de 175 chevaux. Aujourd'hui, la 156 se transforme en coupé sous la baguette magique du centre de style Bertone, un coupé sans doute pas aussi effilé et élégant qu'une GTV (qui porte la signature Pininfarina) mais qui puise néanmoins ses racines dans les Giulietta Sprint et Giulia GT des années cinquante et soixante dessinés à l'époque par... Nuccio Bertone. Un retour aux sources !

Les gènes de la 156

Difficile de ne pas reconnaître l'empreinte de la 156! Pourtant, on ne trouve aucune pièce de carrosserie commune entre les deux modèles. De même, si la plate-forme est identique, le coupé possède pas mal de spécificités techniques, comme des voies un rien plus larges. La longueur hors tout a également été augmentée de 5 cm (4,49m) et la largeur de 2 (1,76m), tandis que la hauteur diminue de 6 cm (1,35m). L'empattement, en revanche, est identique (2,60m). But du jeu: proposer un véritable coupé 4 places, capable de venir concurrencer les BMW Série 3 et autres Peugeot 406. Alfa y est presque parvenu mais les occupants des sièges arrière fractionnés et rabattables peuvent se plaindre d'un manque d'espace pour les genoux et d'une garde au toit assez réduite. En revanche, la capacité du coffre, très accessible, peut varier de 320 à un peu plus de 900 litres. Pas mal mais il faudra se passer de la roue de réserve, remplacée par un système de regonflage.
A l'intérieur, ambiance typiquement Alfa. On reste en pays de connaissance: matériaux de qualité, finition plutôt soignée, cadrans regroupés en face du conducteur tandis que la console centrale intègre le système hi-fi et les commandes du climatiseur automatique, de la navigation et de Connect+ (un système d'assistance développé par le groupe Fiat). Selon les motorisations, ce coupé GT sera livrable en deux niveaux d'équipement: Progression et Distinctive (il y en aura trois plus tard avec la version d'attaque 1.8 Impression).

Trois puis quatre moteurs

Lors de la commercialisation prévue à l'occasion du Salon de Bruxelles, en janvier prochain, ce coupé sera disponible avec un choix de trois motorisations. Essence tout d'abord avec le deux litres JTS injection directe délivrant 165 chevaux et le haut de gamme V6 24 soupapes 3,2 litres 240ch/300Nm. Alfa propose aussi un diesel, le quatre cylindres 1.9 Multijet dont la puissance grimpe à 150 chevaux (au lieu de 140). Son couple est toujours de 305 Nm sur papier mais bénéficierait désormais d'une sorte d'overboost lui permettant de dépasser momentanément cette valeur. Dans les prochains mois, le bloc essence Twin Spark 1.8l 140ch figurera aussi au catalogue. Quant aux transmissions, rien que des boîtes classiques: 5 vitesses pour les modèles essence les moins puissants, 6 pour la V6 et le 1.9 JTD. Une solution robotisée est cependant disponible sur la JTS.
Les liaisons au sol de la 156 ont été adaptées à une conduite un rien plus sportive. Selon les modèles, ce coupé GT chausse donc des jantes alu de 16, 17, voire même 18 pouces pour la V6. Il est doté d'un contrôle de stabilité non déconnectable baptisé VDC.
Un mot aussi sur la sécurité passive pour préciser que ce coupé propose de série pas moins de six airbags, deux frontaux, deux latéraux incorporés dans le dossier des sièges avant et enfin deux window-bags descendant le long des vitres afin de protéger la tête des occupants en cas de collision latérale.

De quoi ravir les alfistes

Avec un tel pedigree, ce coupé GT devrait mener la vie dure à la concurrence. D'autant que sur la route, on retrouve toutes les sensations d'une véritable grand tourisme. Un coupé qui obéit au moindre mouvement de la direction et qui se montre agile, vivace et dynamique en diable. Pas de roulis en virages, trajectoires soignées, peu de corrections à apporter... Bref, un régal! Les ingénieurs sont donc parvenus, avec des suspensions relativement fermes mais pas inconfortables, à trouver le "set-up" favorisant un comportement assez pointu sans pour autant sacrifier le confort de marche. Les amateurs de pilotage seront ravis, d'autant que le contrôle de stabilité n'entre pas trop vite en action et permet dès lors de s'en donner à coeur joie. Tout comme d'ailleurs le freinage particulièrement puissant, progressif et endurant, l'ABS étant également très bien calibré. Vous l'aurez compris: on s'est bien amusé sur un parcours d'essais empruntant quelques spéciales du Rallye de Monte-Carlo. Bonne position de conduite également grâce aux multiples réglages volant/sièges mais visibilité arrière sacrifiée et diamètre de braquage de camion!
Quant aux motorisations, le 3,2 litres reste un des meilleurs V6 de la planète, rond, vigoureux dès les plus basses rotations, souple et coupleux à la fois, rageur dans les tours et toujours aussi performant. Avec en prime cette musique pour grandes orgues: du Bach à tous les étages! Et dire que l'on chuchote dans les couloirs que ce V6 pourrait à l'avenir et dans le cadre d'une synergie avec la GM, céder sa place à un six cylindres australien fabriqué par... Holden! Un sacrilège qu'il faudra tenter d'empêcher par tous les moyens!
Le 1.9 JTD se montre également très brillant... sans être bruyant. Il prend facilement 4.500 tr/min et reprend vigoureusement dès 1.500 tours, en acceptant même volontiers d'évoluer en dessous de cette valeur. Lors d'une étape, un collègue me suivait en "Multijet" alors que j'étais au volant de la V6. Lors des reprises, difficile de le larguer, ce qui en dit long sur l'incroyable potentiel de ce moteur à gazole!
Enfin, le 2.0 JTS se révèle être de bonne famille et bien éduqué mais il lui manque avant tout la sonorité bien italienne du V6 ainsi que le "punch" du diesel.

La grande saga des coupés Alfa

Les coupés, voilà bien une spécialité typiquement Alfa! Déjà dans les années trente avec ses 6C et ensuite 8C 2300, la firme de Milan avait indiqué la voie à suivre. Mais c'est véritablement dans les années cinquante, avec la naissance des différentes versions de la 1900 mais surtout de la Giuletta Sprint que le constructeur milanais va véritablement s'imposer. D'autant que ce coupé 2+2 dessiné par Bertone se voit assemblé chez ce carrossier, une grande première! Zagato se penchera aussi avec amour sur cette Giulietta en créant la SZ alors que Bertone se voit aussi confié la charge de concevoir les "grands" coupés 2000/2600. Sans doute un peu trop sobres, ceux-ci vont tout de même donner une forte impulsion en matière de style pour les futurs coupés, caractérisés notamment par la Giulia GT apparue en septembre 63. Un coupé produit pendant
13 ans à plus de 210.000 exemplaires, tout en s'illustrant sur les circuits avec les fameuses GTA et GTAM.
Mais au milieu des années septante, l'heure de l'austérité a sonné! Constat brutal et sans appel avec les coupés Alfetta GT et Alfasud Sprint qui vont nous amener à la reprise d'Alfa par le groupe Fiat en 1986. Trois ans plus tard, la SZ coupé, malgré sa ligne impressionnante et surprenante, ne renoue pourtant pas avec la grande tradition. Il faudra attendre le milieu des années nonante pour enfin découvrir le nouveau coupé GTV, du genre "néo-classique". Dessiné par Pininfarina en collaboration avec le Centro Style Alfa dirigé alors par Walter de Silva, ce coupé émarge de la grisaille automobile et retrouve enfin toute l'agressivité typique des vraies sportives.

Conclusion

L'appellation GT n'est nullement usurpée! Ce coupé a bel et bien du sang bleu dans les veines et entre réellement dans la cour des grandes. Bertone a su lui procurer l'identité d'un coupé d'une rare distinction, bénéficiant d'un comportement particulièrement dynamique.

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