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Maserati Quattroporte : La Ferrari «business class»

Intégrée au "groupe" Ferrari, Maserati renaît de ses cendres et relance une Quattroporte, limousine de prestige au tempérament sportif. Nous avons eu le privilège d'aller essayer un des tout premiers exemplaires produits.


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Vivante!
MDS
Berline sportive
Conclusion

Maserati a prévu de produire 2.000 Quattroporte cette année, 3.500 dès 2005. L'ambition est mondiale. Elle sera en vente dans le monde entier, Russie, Japon, Chine, et USA compris. Ce dernier marché, qui s'ouvrira au second semestre, doit d'ailleurs devenir le principal pour Maserati (40%).
Cette spacieuse berline au profil élancé n'est pas une automobile «industrielle».  Il serait déraisonnable de la comparer à une Audi A8 4.2 Quattro, une BMW 745i, une VW Phaeton V8, une Mercedes E500 ou S500, voire même à une Jaguar XJ8 ou XJR. La Maserati n'appartient pas au même monde. Elle fleure bon l'artisanat de luxe. Sa manufacture, si moderne, si soignée soit-elle, évoque par quelques détails le temps des carrossiers.

Vivante !

Ne cherchez pas dans une Maserati Quattroporte la complexité homogène ou la neutralité dynamique des berlines allemandes citées plus haut. Si la Quattroporte a l'ampleur d'une berline de prestige, si le conducteur peut la mener comme une voiture de maître, si les passagers arrière sont confortablement installés, si la facture du cuir est superbe, elle demeure avant tout une automobile sportive.  Cela découle tant de son architecture mécanique que de l'expérience et de la passion qui animent l'équipe qui l'a conçue. Sa taille réelle et ses proportions sont estompées par son équilibre dynamique et sa répartition des masses.  Au volant, la perception de la route, la vivacité des réactions et la tendance au survirage à la limite appartiennent bien au monde des sportives.  Pas à celui des berlines «homogénéisées».  La Quattroporte est vivante. Elle a du caractère.  Elle sera aimée passionnément ou critiquée !

MDS

Dessinée sur un empattement de 3.064mm, la Maserati Quattroporte est grande et sa définition de base (environ 102.000 euros TVAC) déjà complète. Dès l'instant où l'on s'installe au volant, la personnalité de la Maserati, sa «différence» s'affirme. Une perception instinctive. Elle se confirme ensuite avec la commande de la boîte de vitesses Maserati Duo Select (MDS), une boîte mécanique robotisée à six rapports qui adopte le mode automatique à la mise en marche du moteur V8, mais s'utilise aussi en mode manuel à temps partiel ou permanent. Ici, on entre dans le vif du sujet, celui des choix fondamentaux effectués au moment de la conception de ce bel engin. Quels sont-ils? La sportivité de l'architecture de la Quattroporte est déterminée par le montage du moteur V8 (à carter sec, donc il peut être positionné relativement bas) en arrière de l'axe des roues avant.  Alors que le porte-à-faux avant est de seulement 856 mm, le V8 compact et léger (183 kg) se trouve à 1.000mm de l'extrémité avant! La boîte de vitesses forme bloc avec le différentiel arrière, ce qui influence la répartition des masses. Celle-ci est de 47/53 %, en faveur de l'essieu arrière. Le compte est vite fait: un V8 puissant (400ch à 7.000 tr/min), une boîte de vitesses mécanique (rendement élevé), une répartition des masses de voiture de sport...  Cela n'est point courant dans ce segment-là !

Berline sportive

Au fil des kilomètres, il se vérifie que Maserati a relevé le défi de créer une alternative à l'offre de qualité existant déjà sur le marché. Avec brio. Le V8 respire allègrement et est généreux. Son couple dépasse les 360 Nm dès 2.500 tr/min et culmine à 451 Nm dès 4.500 tours. Instinctivement, on exploite cette générosité en roulant sur le couple.  Ce sera un plaisir, plus loin, sur la portion la plus sinueuse de ce premier parcours d'essais d'un peu plus de 300 kilomètres. Pour l'instant, nous sommes sur l'autoroute, mais pourtant cette générosité s'apprécie déjà.  Lorsqu'une ouverture se présente, c'est pour le plaisir d'utiliser le V8 et d'écouter son chant envoûtant que nous passons en mode manuel en utilisant la palette gauche pour appeler la 5e, puis la droite pour enclencher la 6e.  La boîte MDS, qui comporte aussi une fonction «Hill Holder» (la voiture ne recule pas pendant le transfert du pied droit à l'accélérateur lors d'un départ en côte), se situe au meilleur niveau du genre (si l'on exclut la révolutionnaire DSG du groupe VW).
Plus loin, une portion d'autoroute libre de tout trafic nous permet d'apprécier la facilité avec laquelle cette berline se propulse à plus de 250 km/h (la vitesse maxi serait de 275 km/h).  La cavalerie parle! La deuxième moitié du parcours, des routes sinueuses et vallonnées, nous permet de découvrir le comportement dynamique remarquable de l'engin. Modes Manuel et Sport enclenchés, nous apprécions la qualité des réponses de la MDS et la disposition ergonomique de la pédale de frein qui permet de freiner naturellement du pied gauche. C'est magnifique de faire évoluer cette automobile de plus de cinq mètres comme une biplace sportive. Tracer des trajectoires, enrouler les courbes harmonieusement sans vraiment ressentir la masse de l'engin (1.930 kg en ordre de marche!)... si ce n'est au franchissement d'un sommet de butte prononcé. La suspension adaptative (Skyhook) fonctionne efficacement. Les pneus Pirelli P Zero Rosso (245/45 à l'avant et 285/40 à l'arrière) montés sur les jantes de 18 pouces à onze rayons font merveille aussi. A la limite, le comportement est légèrement et agréablement survireur, ce qui simplifie la tâche du Maserati Stability Programme (MSP) qui adapte et dose finement son action en fonction de l'utilisation ou non du mode Sport. Pour maintenir le plaisir et... la responsabilité de la conduite!
Performer à ce niveau (0 à 100 km/h en 5,2 secondes), avec cette masse et un Cx de 0,35, exige une généreuse source d'énergie.  Nous estimons avoir consommé 20 litres aux cent kilomètres (ou un peu plus), mais nous n'avons pas eu l'opportunité d'effectuer une mesure précise.  La consommation normalisée est de 18,9l/100km.  Nous imaginons qu'en circulant aux allures imposées en Belgique, il sera possible de descendre sous cette valeur.
Enfin, des manoeuvres réalisées pour les prises de vues, nous retiendrons que le passage de D en R paraît long. C'est une opération toute simple effectuée en levant le minisélecteur du petit doigt et en le tirant vers l'arrière tout en enfonçant la pédale de frein. Une sensation de lenteur seulement car il ne s'agirait, d'après les ingénieurs, que d'une seconde. En toute logique, la boîte passe en effet d'abord au point mort avant l'enclenchement de la marche arrière. Ils nous ont cependant confirmé que leur objectif serait de gagner 0,3 à 0,4 seconde.

Conclusion

Avec la Quattroporte, Maserati enrichit le segment des berlines de prestige d'une pièce de choix.  La diversité de ce marché est plus étonnante que jamais !

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