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La première Rolls-Royce conçue et fabriquée
par BMW a - enfin - trouvé un importateur en Belgique. Nous avons
donc - enfin - eu l'occasion de l'essayer !
"Entrez dans la légende"
Voiture de cérémonie
Fin en soi
Ne nous cachons pas !
240 ... sans moi
Conclusion
A l'heure où je vous écris, j'évolue dans
la moiteur et la poussière du Dakar... et je donnerais cher pour
retrouver l'habitacle climatisé, le luxe et le confort de la
Rolls-Royce Phantom que j'ai eu l'occasion d'essayer voici
quelques jours. Les habitants de Bobo-Dioulasso, où je me trouve,
privés de tout sauf de sourire et de réseau GSM, n'ont
certainement aucune idée de ce que peut être une Rolls. Mais
le savez-vous, vous qui en avez déjà vu un paquet dans votre
vie? Pour ma part, je n'avais encore jamais roulé dans la plus
prestigieuse des limousines. Certes, j'avais une idée relativement
précise et exacte de ce qu'était une "Rolls"
pour avoir pas mal roulé en Bentley (qui, il y a encore très
peu de temps, était une véritable Rolls "dégriffée"),
mais je n'étais encore jamais monté dans une voiture
arborant la fière Victoire de Samothrace sur le bout de son capot.
Et cela fait une différence, croyez-moi ! Ma petite maman -
qui s'intéresse autant aux voitures que moi à l'opéra!
- n'aurait par exemple jamais fait trois pas pour le simple plaisir
de monter dans une Bentley. Pas par snobisme, rassurez-vous, mais tout simplement
parce que ce nom ne lui dit rien. Tandis qu'une Rolls ! Il n'a
pas fallu trente secondes pour qu'elle prenne place à l'arrière.
Pas par snobisme, rassurez-vous ! Par curiosité. Parce qu'une
Rolls véhicule une image unique au monde. Sans doute la plus forte
du marché, tous secteurs d'activités confondus !
N'utilise-t-on pas l'expression "C'est la Rolls
des..." pour n'importe quel produit constituant un sommet
d'excellence dans son propre domaine !?
| "Entrez dans la légende" |
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J'ai ce slogan sous les yeux. C'est celui du Dakar. Pourtant,
il me semble qu'il s'applique encore mieux à la Rolls-Royce
Phantom ! En arrivant chez Waterloo Motors (le concessionnaire BMW
de la célèbre ville du Brabant wallon, qui est également
le nouvel importateur de la marque britannique), la Phantom m'a immédiatement
impressionné. Elle a été voulue ainsi, BMW ayant revu
toutes les dimensions des dernières Rolls à la hausse, pour
retrouver ses caractéristiques d'antan. Celles des années
60, lorsque la marque présentait des voitures sans se soucier de
savoir si elles allaient pouvoir évoluer sans problème dans
le trafic. "Enorme", diraient mes confrères français
présents sur le Dakar et utilisant cette expression à longueur
de journée ! "Décalée", ajouterais-je
pour reprendre un autre terme à la mode. Car c'est vrai qu'elle
est décalée, cette grosse anglaise semblant se moquer des
modes et imposant un style que certains ont critiqué avant même
d'avoir vu ce "char" autrement qu'en photo. Pour
ma part, je peux vous dire qu'au cours de mon essai, personne n'a
eu le toupet de dire qu'elle était moche. "Impressionnante"
était le terme revenant le plus souvent dans la bouche de témoins
réellement sous le choc. Elle est tellement imposante ("énorme" !)
qu'on ne peut qu'avoir du respect en la voyant. Et elle est
au moins aussi spectaculaire de l'intérieur. Mais entrez donc
dans la légende ...
| Voiture de cérémonie |
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Contrairement à une croyance très répandue, les propriétaires
de Rolls-Royce conduisent souvent leur limousine eux-mêmes. Peut-être
par snobisme, peut-être par plaisir. Même s'il nous
est évidemment très difficile de nous mettre dans la peau
d'un milliardaire (n'en déplaise à "Omar",
un de nos lecteurs, "passionné" de Lamborghini !),
nous avons donc débuté notre découverte à la
place du conducteur. La porte est lourde et claque dans un bruit sourd.
Le siège est nettement plus haut que dans une voiture classique et
que dans une Bentley Arnage. Vous avez ainsi l'impression de dominer
la route, d'autant plus que la petite statue au bout du très
long capot vous rappelle que vous êtes le roi de la fête !
Comble du bonheur, un bouton situé dans la boîte à gants
permet de faire entrer ladite "Flying Lady" dans un logement
prévu à cet effet. Au début, vous ne vous lassez pas
de la voir entrer et sortir, comme un diable de sa boîte !
Côté ambiance à bord, vous êtes gâté.
BMW a eu l'excellente idée de cacher les traces trop visibles
de modernisme. Ainsi, l'écran du fameux et très controversé
système i-Drive se cache derrière une montre ancienne sertie
dans un morceau de bois précieux se retournant à la demande
pour laisser place aux informations du GPS, de la radio ou encore de l'ordinateur
de bord. Il faut aussi, par exemple, ouvrir le vide-poches central pour
accéder aux réglages des sièges avant. Pas très
pratique mais élégant ! Pour le reste, comment décrire
l'habitacle de cette auto exceptionnelle en tous points ? Aucune
faute de goût, des matériaux tous plus précieux les
uns que les autres, des assemblages parfaits ... Difficile de lui
trouver un défaut, en tout cas tant qu'on est à l'arrêt.
Mais avant de mettre de contact, allons faire un petit tour à l'arrière.
Détail très important: les portes s'ouvrent "dans
le mauvais sens", comme sur une Mazda RX8. Sauf qu'ici, le but
est évidemment de permettre aux dames de s'extraire la voiture
de manière élégante. Autre charmante attention :
la présence d'un parapluie intégré dans chaque
portière arrière. Ces dernières se referment électriquement,
d'une simple pression sur un bouton situé sur le montant C,
épais et très avancé, comme il se doit sur une Rolls-Royce
(pour préserver l'intimité et l'éventuel
anonymat des occupants). La moquette, les tablettes en bois, le cuir ...
Tout est du même niveau qu'à l'avant, voire encore
mieux. Il existe deux types de banquettes: une plus conviviale, un peu arrondie
sur les côtés, et une plus confortable. Tout dépendra
de l'usage que le propriétaire veut faire de sa Rolls: voiture
de cérémonie ou voyageuse au long cours. Cela dit, notre Phantom
d'essai était du premier type et j'ai personnellement
déjà trouvé sa banquette arrière très
confortable. Ma passagère l'a en revanche trouvée un
peu dure. Fallait bien qu'elle dise quelque chose !
Enfin, au cas où vous envisageriez l'achat de cette auto, sachez
quand même que la banquette arrière n'est pas rabattable
mais que le coffre présente une belle contenance ... malgré
l'épaisse couche de moquette et d'insonorisants qui le
recouvre.
| Fin en soi |
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En repassant à l'avant, un détail attire mon attention :
les logos RR se trouvant au centre des roues sont parfaitement horizontaux.
Hasard ? Pas du tout: ils sont montés sur roulements à
billes et lestés dans le bas et restent donc toujours dans la même
position, la roue "tournant autour". Un souci du détail
assez impressionnant et qui pourrait résumer à lui seul cette
voiture.
Mais vous nous connaissez, nous trouvons toujours une bonne raison de râler.
Alors, pourquoi faut-il subir l'i-Drive de BMW mais aussi cette clé
qui ressemble à une boîte d'allumettes et qui ne commande
même pas le démarreur !?
La présence d'une clé de Série 7 sur laquelle
on a apposé un logo Rolls-Royce est d'autant plus dommage qu'à
l'intérieur, à part l'i-Drive, rien ne laisse
deviner que l'on est à bord d'une voiture du groupe BMW.
C'est d'ailleurs un des gros atouts de la Phantom par rapport
à sa principale concurrente, la Maybach du groupe DaimlerChrysler.
Dans la Rolls, au lieu d'avoir l'impression d'être
au volant d'une super Classe S, vous êtes dans un univers particulier,
vraiment unique. Décalé, comme y disent à côté
de moi !
Rien que le volant au diamètre démesuré et à
la jante très fine vous donne une sensation très différente
de ce que vous connaissiez jusque-là. Vous vous croyez au volant
d'une voiture historique ... alors que la Phantom n'a
rien d'une "old-timer". Sa coque en aluminium, sa suspension
pneumatique, son moteur V12 de 6,75 litres développant 460 chevaux
et 720 Nm ... Tout vous indique que vous êtes dans une voiture
moderne.
| Ne nous cachons pas ! |
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A propos du moteur, BMW l'a voulu de 6.750cc (en fait 6.749) pour
singer les vieux V8 de la marque. Mais il n'a évidemment rien
à voir avec ceux-ci. Les Allemands n'ont pas non plus cédé
à l'envie de lui adjoindre un turbo ou un compresseur. Il s'agit
d'un bloc atmosphérique, délivrant déjà
75% de son couple à 1.000 tr/min. Une force tranquille ! Au
tableau de bord, pas de compte tour: juste un indicateur de réserve
de puissance. C'est bien suffisant, d'autant plus que la boîte
automatique 6 rapports se charge de tout. C'est à ma connaissance
une première en Europe: celle-ci ne propose même pas de sélecteur
de vitesse. P, R et D sont les seules possibilités qui s'offrent
à vous. En montagne, avec 2,5 tonnes à ralentir sans l'aide
du moteur, les freins risquent donc de souffrir ! Ce ne sont toutefois
que de pures supputations car la seule colline visible à l'horizon,
au cours de notre essai, fut celle du Lion de Waterloo !
Nous voilà donc derrière le grand volant, avec un élément
qui étonne d'entrée: la hauteur à laquelle on
est assis, donnant réellement l'impression de dominer la route...
et les autres usagers, qui n'en reviennent pas de voir un tel carrosse
déambuler sous leurs yeux. Les gens repèrent assurément
cette auto de très loin. Il faut dire que nous n'avons pas
pris soin de cacher la petite statuette dans la trappe située au
bout du capot, ce qui est pourtant possible à l'aide d'un
bouton dissimulé dans la boîte à gants. Après
tout, c'est la première et peut-être une des dernières
fois que je conduis une Rolls et je ne vais pas bouder mon plaisir !
| 240 ... sans moi |
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Lors des premiers kilomètres, les dimensions (et le prix) de l'engin
incitent à la prudence et on se prend à conduire cette Rolls
comme une grosse ... camionnette, en faisant attention à
ne pas sous-estimer sa taille ! Mais très vite, vous vous laissez
bercer par le confort absolu de ses suspensions, son insonorisation parfaite
et la douceur de son moteur. Vous vous amusez à pousser un peu sur
l'accélérateur, juste pour montrer que cette honorable
limousine en a dans le ventre: 0 à 100 en moins de 6 secondes, voilà
qui "arrache" quand même pas mal ! Mais vous vous
rendez aussi très vite compte que ce n'est pas comme ça
que cette voiture aime être conduite. Ce qu'elle apprécie,
c'est la douceur. Les démarrages s'effectuent sans à-coups,
les freinages se font tout doux et les sièges finissent de vous bercer.
Un bout d'autoroute ? Vous roulez tranquillement à 150-160
mais pas plus. Au-delà, la tenue de cap commence à se révéler
problématique et vous devez sans cesse contrôler le roulis
à l'aide du grand volant. J'ai bien fait une petite pointe
jusqu'à 220, pour voir, mais ce n'est franchement pas
rassurant car le moindre coup de vent vous fait quitter la ligne que vous
pensiez emprunter. Alors, pour monter à 240, la vitesse maxi limitée
électroniquement, ce sera sans moi. On comprend d'ailleurs
pourquoi Rolls-Royce a limité la vitesse de la Phantom ! Mais
qu'importe: j'ai adoré cette voiture et je n'ai
qu'une envie: pouvoir un jour la conduire à nouveau, peut-être
sur un plus long parcours. Ces trois heures d'essai furent en effet
un vrai régal : "ma" première Rolls ne m'a
pas déçu. Que du contraire, même !
| Conclusion |
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Majestueuse et incroyablement confortable, cette Rolls-Royce perpétue
à merveille la tradition de la marque et lui redonne même
sa dimension d'antan, après quelques années d'errance.
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