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Seat Altea 1.9 TDI : Monosport

Seat affirme avoir donné naissance à une nouvelle race de véhicules, combinant les atouts des monovolumes et l'esprit sportif incarné par la marque depuis quelques années. C'est ce que nous allons voir...


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Originale
Plus berline que monospace
Multi–bras
Conclusion

Arriver en dernier (ou presque) sur le marché des monospaces compacts n'est pas chose aisée. Déjà rude en raison de l'affrontement direct auquel se livrent Renault Scénic, Opel Zafira et Citroën Picasso, le combat entre les constructeurs s'est encore intensifié avec l'arrivée récente de Volkswagen et de son Touran. Dès lors, l'analyse de la situation réalisée par Seat est assez pertinente : tous ces concurrents déclinent, à peu de chose près, le même concept basé sur la modularité et la prédominance de l'aspect fonctionnel au détriment du design, des émotions et de la sportivité. Seat a voulu prendre ce constat à rebrousse poils. L'Altea se veut donc différente. Moins pratique qu'un Touran dont elle reprend la plate-forme malgré ses dimensions réduites, elle se veut avant tout sensuelle. Une sensualité préfigurée par les concept-cars Salsa, Salsa emoción et Tango, et développée par Walter de'Silva, directeur du design chez Seat. Avec l'Altea, on est très loin de l'aspect utilitaire de certains concurrents. Des optiques avant en forme d'yeux au hayon bodybuildé en passant par les flancs sculptés par une ligne aérodynamique, tout en elle évoque le dynamisme.
L'Altea se permet même, et c'est un comble pour un monospace, de s'approprier l'une des règles déterminant habituellement le design des voitures de sport: deux tiers de tôle pour un tiers de verre. Ne vous attendez donc pas à y être noyé de soleil. Pas question ici de record de surface vitrée ou de luminosité exceptionnelle. La ceinture de caisse est haute, procurant aux occupants le sentiment d'être enveloppés dans une structure aussi compacte que rigide.
Autre spécificité esthétique de l'Altea : son système d'essuie-glace. Lorsqu'ils ne sont pas activés, les balais restent en position verticale, dissimulés derrière les profilés en plastique des montants du pare-brise. Outre l'impact esthétique sur la pureté de la ligne, cette position apporte un avantage aérodynamique certain en éliminant toute source de bruit ou de remous à ce niveau.

Originale

Originale à l'extérieure, l'Altea l'est tout autant dans l'habitacle. A commencer par la planche de bord, divisée en deux zones distinctes de couleurs différentes. La première correspond à la partie touchant directement le pare-brise. Elle forme une sorte de ceinture entourant le conducteur et le passager avant. La seconde est plus proche des occupants. Le matériau utilisé, style carbone, renforce l'aspect sportif. Mais l'élément le plus distinctif est sans doute la grande console centrale légèrement orientée vers le conducteur, et qui accueille l'écran multifonctions dans sa partie basse. Très réussie d'un point de vue esthétique, cette disposition est moins heureuse dans la pratique, notamment lorsqu'il s'agit d'utiliser la navigation. Situées en dehors du champ de vision naturel, les informations graphiques affichées à l'écran impliquent une gymnastique incessante du regard, ce qui s'avère fatigant et parfois même dangereux.
Derrière le volant (qui peut accueillir les commandes multifonctions) réglable en hauteur et en profondeur, trois cadrans sphériques de couleur noire sont encastrés dans des cylindres métallisés. Sport oblige, c'est le compte-tours qui trône au milieu. La même philosophie de conduite dynamique a amené les ingénieurs à équiper pour la première fois un modèle de la marque d'un accélérateur articulé au plancher. Outre son utilité en conduite sportive (meilleur dosage, talon-pointe...), cette particularité permet de limiter les risques de lésion au tibia en cas de choc.

Plus berline que monospace

On vous avait prévenus, l'Altea est un monospace sans en être vraiment un. Seat a donc fait fi de la modularité qui caractérise habituellement ce type de véhicule. Pas question de sept places, ni même de cinq tant la place arrière centrale paraît inutilisable. Pas de siège escamotable dans le plancher, ni même repliable en portefeuille pour être extrait de l'habitacle. Pas non plus de banquette arrière sur glissière permettant de moduler le volume du coffre. Par contre, le dossier des sièges arrière se rabat d'une seule main, pratiquement sans effort, et sans qu'il soit nécessaire d'ôter les appui-tête. Il suffit de tirer sur une sangle pour obtenir une surface de chargement parfaitement plane.
Quant au coffre, son volume utile n'a rien d'extraordinaire, mais sa conception est astucieuse, disposant d'un double fond compartimenté. L'espace réellement utilisable dépend de la solution choisie pour remédier aux problèmes de crevaison. Roue normale, roue de secours galette ou kit de réparation: moins le système prend de place, plus il en reste pour les bagages. Banquette arrière en place, le volume maximum disponible est de 409 litres, alors que la capacité peut monter jusqu'à 1.320 litres banquette rabattue. On est bien loin du volume de chargement du Touran (695/1.989 litres), mais il faut dire que l'espace réservé aux passagers arrière est royal, que ce soit en matière de largeur aux coudes, de garde au toit ou de profondeur aux genoux.

Multi–bras

Comme la Golf V, l'Audi A3 ou le Volkswagen Touran avec qui elle partage son châssis, l'Altea hérite d'une nouvelle suspension avant (avec un sous-châssis en aluminium) et d'un nouveau train arrière multi-bras. La nouvelle direction électromécanique développée par le groupe est également de la partie. Outre l'assistance variable en fonction de la vitesse et de la rapidité de rotation du volant, le logiciel utilisé permet une correction automatique de la trajectoire en cas de vent latéral. L'ABS et le Traction Control (TCS) sont livrés en série sur tous les modèles, contrairement à l'ESP (couplé au système de freinage d'urgence).
Les moteurs, empruntés à la banque d'organe du groupe Volkswagen, sont connus: 2.0 FSI (injection directe d'essence) 150ch, 1.6l 102ch, 2.0 TDI 136ch et 1.9 TDI 105ch. C'est sur ce dernier que nous avons concentré notre essai, celui-ci devant constituer la majeure partie des ventes sur le marché belge. Sa chanson est connue: quatre cylindres en ligne, alimentation par injecteurs-pompe, turbine à géométrie variable et intercooler. Développant 5 chevaux de plus qu'auparavant, il voit son couple passer de 240 à 250 Nm dès 1.900 tr/min.
Sur le papier, les performances sont plus qu'honorables: 183 km/h en pointe et 0 à 100 km/h en 12,3 secondes, alors que la consommation moyenne s'établit à 5,4 l/100 km. Contrairement aux 2.0 TDI et FSI, le 1.9 TDI (tout comme le 1.6) doit se contenter d'une transmission à cinq rapports, et ne peut être équipé de la boîte DSG à engagements directs en option.
Sur la route, ce moteur s'est montré parfaitement à la hauteur tout en se montrant malgré tout très en retrait du 2.0 TDI en termes de performances et d'agrément. Avec le 1.9, il est possible de croiser gentiment à 140/150 km/h compteur (ah oui, j'oubliais, c'est interdit, voire criminel !) aux alentours de 3.000 tr/min. Mais pas question de sport avec lui, ce qui va un peu à l'encontre de la philosophie de la voiture. Idem en matière de comportement. Pas de surprise, tout ceci est parfaitement sain, mais la sportivité est plutôt à chercher du côté du positionnement marketing et de l'allure de la voiture que sur la route. Enfin, point noir partagé avec la plupart des monovolumes, la visibilité trois quarts avant est masquée par l'imposant montant A, ce qui s'avère gênant dans les virages serrés à gauche notamment.

Conclusion

L'option prise par Seat est claire : se différencier de la concurrence en proposant un produit plus attractif au niveau du design et de la présentation. L'avenir confirmera sans aucun doute qu'il existe une clientèle pour cette nouvelle niche.

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