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Ferrari F430 : 36 ans après la Dino...

Descendante de la lignée des Ferrari compactes à moteur central arrière inaugurée par la Dino en 1968, la F430 entend faire oublier la pourtant déjà géniale 360. Mission accomplie ?


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Moteur
De l'appui !
Conclusion
"Il Manettino"

Confrontée à une concurrence affûtée, Ferrari a beaucoup investi en ce début de 21e siècle. Le défi pour l'équipe dirigeante - Jean Todt en tête - est de rentabiliser ces investissements. Ferrari est bien armé pour leur permettre de réussir. La F430 en témoigne, les usines aussi : le site de Maranello est un modèle d'architecture industrielle.
Le coupé Ferrari F430, qui succède au coupé 360 Modena vendu à quelque 10.000 exemplaires entre le printemps 1999 et aujourd'hui, symbolise l'épanouissement de l'entreprise. L'héritage d'Enzo Ferrari a été valorisé au centuple par Luca di Montezemolo !
De la 360 Modena, la F430 reprend la formule «tout aluminium» pour la structure autoportante. Mais elle répond désormais aux toutes dernières normes de sécurité passive européennes et américaines : absorber 37 % d'énergie en plus à l'impact frontal et 105 % en plus au choc arrière. Sa rigidité progresse également, grâce notamment à l'utilisation d'un alliage expérimenté dans l'aéronautique pour le plancher. Du coup, l'augmentation de poids se limite à 60 kilos.

Moteur

Au coeur de la mutation : le V8, le second fruit d'un double programme dont est issu le V8 Maserati (été 2001) développé pour la Quattroporte (été 2003). Par rapport au 3,6 litres V8 de la Modena - arrivé au terme de son évolution - la puissance augmente de 23% et le couple de 25, tout respectant la norme Euro 4 et avec seulement 20,1% d'accroissement de la cylindrée.
Ce V8 est doté d'une très haute puissance spécifique : 114ch/l. Dès les premiers mètres parcourus, il révèle sa double personnalité, qui détermine un intense et immédiat plaisir de conduire. Nous avions à peine franchi, sur un filet de gaz, les grilles de la piste d'essais de Fiorano pour effectuer un premier parcours routier en traversant Maranello, que déjà sa docilité, sa douceur extrême, sa linéarité, nous enchantaient. Il développe déjà 372 Nm (80% du couple maxi) à 3.500 tr/min ! Sa générosité à bas régime permet de progresser en ville sur la plage de régime inférieure (1.200 à 2.000 tours). A cette allure de sénateur, la dernière évolution de la boîte de vitesses robotisée, la F1, démontre elle aussi un niveau de perfection étonnant.
La transmission redessinée est d'ailleurs la deuxième pièce maîtresse du projet. Ferrari travaille le sujet depuis 1989. L'option F1 était choisie par 80% des utilisateurs de la Modena. Elle fait vraiment partie intégrante du projet F430. Le temps de passage effectif a été ramené à 150 millièmes de seconde et la précision - comme la douceur de la manoeuvre - est remarquable.
Ferrari franchit aussi une nouvelle étape dans la commodité d'utilisation de sa biplace, avec une nouvelle gestion intégrée de sa dynamique globale via une unique commande ("manettino" en italien, "petite manette") placée sur l'angle inférieur droit du moyeu du volant (voir encadré).
Un autre composant essentiel de la transmission de la F430 est le différentiel, l'E-DIFF à contrôle électronique, qui assure en permanence (du maxi à zéro ou inversement en 60 millisecondes) la répartition du couple entre les roues arrière motrices.

De l'appui !

Le train roulant est une évolution de celui de la Modena, avec notamment un nouveau software pour la suspension adaptative, des jantes de 19 pouces et des pneus 225/35 à l'avant et 285/35 à l'arrière. L'aérodynamique a été finement étudiée pour apporter de l'appui. Réellement efficace ! Durant l'essai routier, sur une portion rectiligne vallonnée avalée vélocement, la F430 était littéralement plaquée sur le revêtement, qui était pourtant tout en ondulations et déformations diverses !
Sur circuit, la F430 apparaît comme une autre auto. Sur route ouverte, il n'est pas fréquent - ni même utile - d'utiliser le sommet de la courbe de puissance. Le bonheur est de surfer sur le couple avec la boîte F1. Au contraire, sur circuit, la fulgurante montée en régime étonne. On est au régime maxi en moins de temps qu'il ne faut pour le dire sur chaque rapport. La F430 est souveraine. Supérieurement sûre. Elle «dialogue» avec son pilote et le réglage «Race» autorise une dérive régulière. Nous profitons de la configuration de l'entrée du «droit» qui mène au pont pour vérifier le comportement du CST (l'ESP + E-Diff), ce qui aurait été déraisonnable sur route ouverte. Irréprochable !
Bilan de l'évolution ? La F430 pèse 1.450 kilos en ordre de marche. Le rapport poids/puissance s'établit à 2,8 kg/ch (360 Modena : 3,2). Le 0 à 100 km/h s'effectue en 4 secondes, le kilomètre départ arrêté est parcouru en 21,6 secondes. Plus fort encore : le 0-200-0 km/h s'effectue en 17,05 secondes (- 3,23 !). Vérification sur le tracé de Fiorano, la référence : le gain est de 3 secondes
au tour !

Conclusion

Ferrari connaît bien ses clients, leurs exigences et leurs rêves. Les ingénieurs ont réalisé l'exploit de concevoir une F430 à la fois docile, vraiment confortable aux allures légales et nettement plus performante et plus efficace que la 360 sur circuit. Elle passe d'un registre à l'autre avec une stupéfiante efficacité !

"Il Manettino"
Cinq programmes électroniques (verglas, faible adhérence, Sport, Race et CST out) sont disponibles sur la F430. La sélection s'effectue via une petite manette située dans le bas du volant, comme sur une Formule 1 ! Le premier mode (verglas) place le contrôle de stabilité et de traction (CST) en état de vigilance et d'efficacité maxi, limite le régime moteur utilisable et place la boîte F1 en mode automatique. Le second s'utilisera sur un revêtement à faible adhérence, sous la pluie ou sur une route en gravillons par exemple. Là, les palettes de commande de la boîte sont active. Le réglage de la suspension adaptative (elle comporte trois réglages de référence) privilégie la souplesse et le CST demeure au stade de vigilance maxi.
Le troisième, Sport, représente l'optimum sur route ouverte sèche. La suspension adopte un tarage sportif (mais toujours confortable même sur chaussée déformée comme nous l'avons vérifié) et le CST laisse déjà au conducteur une plus large part de plaisir à contrôler l'engin avant d'intervenir.
Race, le quatrième, est réservé à l'usage sur circuit. Les temps de passage des rapports sont réduits au minimum, l'action du CST aussi. Le conducteur a accès au plaisir maxi, mais conserve néanmoins un «parachute», le CST, fabuleusement efficace...
Enfin, pour explorer les limites du train roulant, il reste un dernier cran : CST out ! Tous les réglages sont «sport» et les seules aides à la conduite sont l'ABS et l'EBD (la répartition électronique du freinage). Maxi attaque !

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