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Maserati GranSport : La "petite Ferrari"

A l'image d'une Ferrari Maranello devenant GTC pour plaire aux plus sportifs, le coupé Maserati se décline désormais en version GranSport. Celle-ci porte-t-elle bien son nom ?


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La belle Monica
10 chevaux de plus
Double personnalité
Conclusion

Incroyable comme le groupe Ferrari est actif ces derniers temps ! A croire que ses victoires en sport automobile - en F1 bien sûr mais aussi en championnat du monde FIA-GT - lui donnent des ailes ! Après les Quattroporte, MC12, 612, 575 GTC et F430, voici encore deux nouveaux modèles Maserati : le coupé GranSport et le Spyder 90e anniversaire. Ce dernier est basé sur la GranSport mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de l'essayer. Par contre, nous avons pu découvrir la version avec toit dans les environs de Rome.

La belle Monica

Après avoir vainement attendu que l'on vienne me chercher à l'aéroport de Fiumicino (la désorganisation restant un des charmes de l'Italie !), je me décide à prendre un taxi pour rejoindre le coeur de la plus belle ville du monde. Deux heures à me faire secouer par un chauffeur s'escrimant à rester à deux centimètres du pare-chocs de la voiture de devant puis à engueuler tout le monde dans le centre de Rome. Mais cet épisode digne de la commedia dell'arte est vite oublié en apercevant celle qui sera ma compagne pour la journée. Pas la belle Monica mais sa monture, une Maserati GranSport nacrée ! Une couleur spécifique pour une bagnole au look d'enfer. J'admire d'abord son c... Le petit becquet surmontant son couvercle de coffre, ses jantes spécifiques "Trident" équipées de pneus plus bas (30/19 au lieu de 35/18) et ses suspensions abaissées de 10 mm lui donnent une allure racée, nettement plus sportive que celle du coupé classique. Je fais le tour de la - pardon, du - propriétaire et admire ses nouvelles... jupes latérales. A l'avant aussi, le spoiler a changé mais il paraît que cette innovation se retrouvera sur les autres coupés de la marque en 2005. De face, il sera donc difficile de faire la différence entre une GranSport et un Coupé si la plus sportive des deux n'est pas peinte dans sa teinte spécifique. Allez donc remarquer dans un rétro qu'elle est abaissée de 10 mm !
Bref, le traitement de ce modèle exclusif n'a rien à voir avec la caisse tunée de mon beauf ! Ici, tout est fait en finesse. Du moins à l'extérieur car en ouvrant la portière du conducteur, c'est le choc ! Le tissu bleu turquoise métallisé des contre-portes et du tableau de bord, fallait vraiment oser ! Notez que moi, ça m'amuse mais ch'suis pas sûr que ça vieillisse bien, ni que sa plaise à ma maman ! Quoique, elle a bien possédé une Fiat 500 turquoise...
Bon, trêve de plaisanterie : les sièges baquets et les pièces en kevlar font nettement plus sérieux et rappellent que l'on n'est pas dans une Maserati normale. Il est donc grand temps de prendre la route. Enfin, ce qu'il y a encore moyen de prendre en plein centre de Rome !

10 chevaux de plus

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà rendus dans la capitale italienne mais si c'est le cas, vous comprendrez que se lancer dans cette jungle avec une voiture à près de 110.000 euros sans jamais en avoir pris le volant n'est pas des plus rassurant. Après avoir écouté religieusement le bruit du V8 qui démarre "au bouton" (et non en tournant la clé, comme sur les Coupé classiques), je choisis donc sagement de laisser la boîte de vitesses (d'office de type Cambiocorsa, comprenez séquentielle 6 vitesses à commandes derrière le volant... "F1", quoi) en mode drive et m'applique à écouter les directives de mon photographe de copilote. Premier virage, première surprise : la direction est incroyablement directe. Vraiment déroutant au début mais finalement très agréable. Dominique, qui a déjà bien étudié le dossier, profite d'un moment de répit dans la lecture du road-book pour me détailler les différences techniques entre cette GranSport et le Coupé de base.
"Le moteur a gagné 10 chevaux, de quoi en afficher 400 et améliorer le 0 à 100 d'un demi dixième de seconde et la vitesse de pointe de 5 km/h. Mais c'est surtout la suspension qui a évolué. Elle a été durcie et bénéficie d'un mode sport. En actionnant celui-ci, le bruit de l'échappement change également, alors que les vitesses passent plus vite. Enfin, l'ESP est entièrement déconnectable mais est d'office moins castrateur qu'à l'origine."
Evidemment, la tentation est grande d'enclencher ce mode sport et "d'envoyer" afin de rejoindre des lieux plus propices à l'essai d'une telle auto. Mais nous continuons à jouer la prudence dans la circulation romaine, ce qui nous permet de constater la grande disponibilité du moteur dès les plus bas régimes et le fonctionnement très doux de la boîte en mode drive. Bien calé dans le baquet, avec une position de conduite idéale, je ne trouve pas la GranSport inconfortable. Franchement, il doit y avoir moyen d'aller très loin à son volant, ce qui est l'essence même d'une Grand Tourisme comme celle-là. Et à quatre, s'il vous plaît, car les places arrière et le coffre ne sont pas qu'une vue de l'esprit.

Double personnalité

Au fur et à mesure que la circulation se fait moins dense, je commence à exploiter davantage le moteur, tout en utilisant la boîte en mode manuel. Je retrouve avec plaisir les palettes disposées sur la colonne de direction et qui ne tournent donc pas avec le volant, comme sur une Ferrari "F1". Cela reste la meilleure solution, que seuls VW, Bentley et Lamborghini ont copiée jusqu'à présent. Ainsi, quel que soit l'angle du virage, vous retrouvez toujours vos petits ! En mode "confort", les changements de rapports sont doux, le bruit du moteur n'effraye ni les passants ni les passagers et le confort est digne d'une bonne GT. C'est en poussant sur le bouton "Sport" que la GranSport se révèle. La boîte devient une sorte de "mitraillette" faisant claquer les vitesses, l'échappement émet un bruit diabolique et la suspension devient dure comme celle d'une Ferrari. Une véritable voiture de sport, poussant le conducteur à attaquer tant et plus. Sûr qu'ainsi "réglé", le coupé Maserati serait à l'aise sur circuit. Malheureusement, nous sommes sur route ouverte, ce qui impose évidemment la prudence. Pourtant, on ne peut pas dire que la police soit trop regardante, à l'image de ces braves carabinieri qui nous arrêtent juste pour jeter un oeil à notre "bella macchina" et qui nous laissent repartir avec un grand clin d'oeil : "Et pas trop vite, hein !". Pas not'genre, m'sieur l'agent !
N'empêche qu'en attaquant une partie plus déserte et sinueuse du parcours, on peut s'en donner à coeur joie. Tout répond au doigt et à l'oeil : la boîte égrène les rapports avec force, le moteur donne toute sa puissance dans un bruit vraiment exceptionnel (chapeau pour le travail sur l'échappement en mode sport !) et les trains roulants suivent le mouvement sans aucun problème. Le train avant est très "communicatif" et s'inscrit bien dans les courbes, tandis que la motricité est étonnante pour une voiture à moteur avant aussi puissante. L'équilibre est parfait. Et l'avantage, comme souvent avec les voitures modernes bourrées d'électronique, c'est qu'une fois que vous rejoignez l'autoroute, vous repassez en mode "normal" et vous bénéficiez d'un coupé vraiment confortable. De quoi rentrer à Rome avec des images et du son plein la tête !
Est-ce que tout cela vaut 14.000 euros de plus qu'un coupé Maserati Cambiocorsa classique ? J'aurais tendance à répondre par l'affirmative... mais ce n'est pas moi qui signe le chèque !

Conclusion

Le coupé Maserati a plus que de beaux restes ! Dans cette version GranSport, il prend une nouvelle dimension, en devenant réellement sportif, tout en conservant ses qualités d'origine, notamment en matière de confort. On en redemande !

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