La S-Type bénéficie d'un lifting
pour ses trois ans et soigne ses extrêmes. Un "petit"
2.5 pour la rendre plus abordable et un nouveau V8 de 406 chevaux
pour atteindre le firmament du luxe sportif. Avec un double objectif
pour Jaguar : se démocratiser tout en continuant à faire
rêver !
Lorsqu'en 1989, le "généraliste" Ford rachète
Jaguar, il n'y a pas grand monde pour parier sa paye sur l'avenir
de la légendaire marque britannique. Dix ans plus tard, une
toute nouvelle auto sort des chaînes de montage : la S-Type.
Aujourd'hui, trois ans après son lancement, la S-Type s'est
bel et bien installée parmi les références du
marché des berlines de prestige. Cette année 2002 sera
donc celle de la confirmation. D'une part grâce au renouvellement
de la gamme mais aussi par la mise sur le marché de la version
la plus sportive de la gamme, la "R"...
Derrière la grille...
Une S-Type "R" ? De loin, elle ressemble
comme deux gouttes d'eau à ses surs jumelles. De près
pourtant, quelques détails feront déjà frissonner
l'épiderme du mateur amateur...
Les jantes d'abord. Sculpturales, elles affichent 18 pouces de diamètre :
ça en impose ! Sur la malle arrière, un logo R
rouge et noir. A l'avant, une grille de calandre en nid d'abeilles
gris métal, signe que sous le capot se trouve bien un compresseur,
nous y reviendrons. A l'intérieur, quelques autres indices
nous confirmeront la sportivité de la belle. Des sièges
spécifiques à l'excellent maintien et réglables
électriquement dans 16 directions. Bien sûr, le cuir
est présent partout, y compris sur le volant.
La boîte, automatique et toujours avec commande en J
-, est toute nouvelle. Elle vient de chez ZF et dispose de 6 rapports.
On ne la rencontre actuellement que sur la dernière Série
7 de BMW. A l'époque, on s'était plaint du manque de
réactivité de l'ancienne boîte 5 sur la S-Type.
La nouvelle venue autorise un tout autre rythme, avec des lois de
passages qui permettent autant la conduite douce que les plus rapides
des changements.
M5 pour cible
La rivale visée par cette S-Type R ? Principalement
la BMW M5. L'allemande affiche fièrement 400 chevaux, pour
une cylindrée de 5 litres "atmosphérique".
Sans doute pour lui faire la nique, les ingénieurs Jaguar ont
mis... 406 bourrins sous le capot de la "R" ! Cette puissance
est obtenue en exploitant le nouveau V8 - qui passe de 4 à
4,2 litres - avec un compresseur mécanique Eaton. Le résultat
est impressionnant : les temps annoncés qui laissent rêveur !
Mais plus que tout, c'est l'exquis chuintement du compresseur qui
vous file des hormones jouissives au cerveau. Pour peu, on s'amuserait
à baisser le rythme pour l'accélérer tout de
suite après, chaque fois pour entendre cette mélodie
envoûtante. Evidemment, lors de notre parcours d'essai catalan,
la note s'est payée à la pompe avec une consommation
flirtant avec les 18 litres au 100 ! Mais ce fut un essai plutôt
sportif. Là, on trouve l'autonomie trop limitée. Menée
avec un peu plus de sagesse (ce que la belle sait bien faire), les
consos baisseront, pour se fixer vers les 12/13 litres, normal compte
tenu des caractéristiques de la bête !
La tenue de route ? Du contrôle de traction et de stabilité
(ici appelé DSC) nous n'avons eu besoin. D'une part parce que
les routes espagnoles étaient sèches et en bon état.
D'autre part parce que les limites de l'auto sont à ce point
reculées que ce DSC ne doit vraiment s'afficher que sur un
circuit. Pourtant, l'auto est lourde (pas loin de 2 tonnes !) mais
ses nouvelles suspensions à doubles triangulations tant à
l'arrière qu'à l'avant font merveille pour contrôler
toute velléité de dérapage en conduite active.
Et quand bien même, l'électronique et l'hydraulique veillent
au grain ! La R est équipée d'un système
appelé CATS, déjà vu sur les versions V8 des
XK et XJ. Des ressorts renforcés, des amortisseurs adaptatifs,
des capteurs un peu partout, le tout géré par un ordinateur
qui réagit à la microseconde et vous obtenez un résultat
étonnant qui permet de passer quasi instantanément de
la conduite douce (amortissement souple) à la conduite la plus
active (amortissement ferme). Franchement, c'est un régal !
CONCLUSION
Cette S-Type R ajoute une touche de raffinement et de puissance à
la Jaguar de milieu de gamme qu'il est difficile de quantifier. Une
petite citation (dont l'auteur nous échappe) nous apporte donc
une conclusion toute trouvée : "Le luxe, c'est ce
que l'on doit avoir lorsqu'on a déjà eu tout le reste".
D'accord mais en ce qui concerne la R, ce sera si possible,
AVANT le reste !