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Peugeot 307 SW : Monobreak ou breakospace ?

Ne pouvant concurrencer Citroën de manière directe dans la catégorie des monospaces compacts, Peugeot a trouvé une astuce pour ne pas être exclu de ce marché juteux : son tout nouveau break 307 est décliné dans une version "SW" comptant pas mal d'avantages généralement réservés aux monovolumes... sans en avoir les défauts !

Une version sympa baptisée "SW" (sigle qui, officiellement, ne veut rien dire), Peugeot axe toute sa communication sur cette dernière, qui arrive quelques semaines avant le break classique. Une belle manière de créer un événement là où, d'habitude, il n'y en a pas ! Rarement, en effet, le lancement d'un "simple" break dérivé d'une paisible berline familiale aura été aussi attendu. Pourtant, ne nous y trompons pas : la SW n'est pas fort différente du break 307... que nous n'avons d'ailleurs pas encore eu l'occasion de voir (comme si Peugeot avait honte de lui !). Seuls deux éléments permettent à la SW d'être... une SW et non un banal break 307 : la présence d'un toit panoramique en verre et la modularité de sa partie arrière. C'est maigre, me direz-vous. Peut-être, mais cela change tout ! Voilà que je me mets à écrire comme le service marketing de Peugeot !

Plutôt breakospace

Qu'est-ce qui fait qu'un mono-space est un monospace ? Sa forme particulière tout d'abord. Pas souvent des prix d'esthétisme ! Franchement, un break 307, pardon, une 307 SW, c'est plus joli (d'autant plus que le toit en verre apporte une belle touche d'élégance) ! Deuxième élément qui fait qu'un monovolume est un monovolume : sa hauteur. Pas vraiment une bonne chose pour les qualités dynamiques ! Une 307 SW devrait donc mieux tenir la route (c'est ce qu'on verra plus loin). En revanche, la position de conduite surélevée qui résulte de cette hauteur supplémentaire est un avantage indéniable dont ne peut se prévaloir la 307 SW. C'est en fait le seul point important sur lequel cette nouvelle Peugeot marque le pas face à ses concurrentes en forme d'œuf (ou de patate, c'est selon !). Elle offre en effet une modularité identique et une luminosité intérieure exceptionnelle, grâce à son toit panoramique. Deux remarques tout de même : cette fameuse "verrière" de 1,33 m2 ne s'ouvre pas du tout - ce qui peut constituer un défaut au yeux des amoureux du toit ouvrant – et certains objets très encombrants seront bien sûr un peu plus difficiles à emmener dans une 307 SW que, par exemple, dans un Picasso.
Mais à côté de cela, cette nouvelle Peugeot offre des atouts dont ne peuvent se prévaloir les monospaces compacts traditionnels. A commencer par un look élégant et dynamique et des qualités routières que ces derniers ne peuvent même pas imaginer atteindre ! De plus, la 307 SW est proposée en version 5 + 2 places, ce dont seul l'Opel Zafira - un peu plus grand que ses rivaux directs, tout comme la 307 SW -, peut se targuer.

Monobreak aussi...

On l'a vu dans les pages qui précèdent : la Peugeot 307 "normale" est la plus pratique et la plus conviviale des familiales compactes. Elle doit ces qualités à ses formes proches de celles d'un monospace. Il était donc relativement facile pour Peugeot d'en décliner une version break pouvant concurrencer les monovolumes compacts qui inondent le marché. Pour ce faire, Peugeot a allongé l'empattement de 10 centimètres et le porte-à-faux arrière de 12, ce qui porte la longueur totale des 307 Break et SW à 4,42 mètres.
Ce break est également 2 centimètres plus haut que la berline, ce qui permet notamment d'adopter une disposition de sièges en "léger gradin". Entendez par là que la rangée du milieu est un peu plus haute que les sièges avant et que les petits sièges optionnels (proposés uniquement dans la SW) sont encore plus hauts. A tel point, d'ailleurs, qu'ils sont réservés à des enfants ou à des personnes de petite taille, la garde au toit n'étant vraiment pas très généreuse tout à l'arrière. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas beaucoup de place non plus pour les jambes, même en avançant les sièges du milieu au maximum. De plus, les assises ne sont pas très confortables. Encore moins que sur un Zafira ! Ces deux places supplémentaires, optionnelles, sont donc à considérer comme des sièges d'appoint ou pour des enfants en bas âge, qui, eux, seront tout contents de se retrouver si loin de leurs parents ! Leur avantage est d'être légers et donc faciles à manipuler. Ceux de la rangée du milieu sont bien sûr plus lourds mais le mécanisme de pose/dépose est assez facile. Du coup, la modularité de la SW est remarquable, avec notamment la possibilité d'installer ces sièges à l'arrière (pour pouvoir étendre ses jambes, ce qui est d'autant plus agréable que les dossiers s'inclinent) ou de les recentrer en enlevant celui du milieu. Peugeot propose également une option glacière pour remplacer ce dernier. Bref, la 307 SW dispose d'une modularité exemplaire, dont ne peuvent se prévaloir bon nombre de monospaces compacts. On note aussi la présence de tablettes de type "aviation" et la possibilité de transformer le siège central en "table de loisirs".
Pour le reste, l'habitacle est identique à ce que l'on connaît dans la 307 berline, c'est-à-dire convivial et offrant une position de conduite parfaite (bien qu'elle pourrait être plus haute, pour mieux dominer la route). Le toit en verre panoramique apporte quant à lui une luminosité très agréable mais quand le soleil tape fort, il faut impérativement fermer le store électrique, sous peine d'attraper des... coups de soleil !

Plus dynamique

Si nous pouvons vous parler de cela, c'est parce que notre essai s'est déroulé au Maroc, sous 28 degrés à l'ombre. Un pays où fut également présentée la 307 "normale" voici un peu plus d'un an. Cela nous a permis de ressentir une évolution notable sur le plan du comportement dynamique. Est-ce dû aux amortisseurs arrière à loi variable pour s'adapter à la charge ou, tout simplement, à la refonte importante du châssis, nécessitée par l'allongement de l'empattement et l'augmentation du poids ? Toujours est-il que nous avons trouvé la 307 SW plus agréable à "piloter" que la berline. Ce "monobreak" est en effet plus communicatif que sa petite sœur. Sa direction transmet davantage d'informations en provenance de la route et ne donne plus l'impression de "survoler" l'asphalte. Certains s'en plaindront, trouvant que la SW se montre moins douce que la 307 classique mais nous préférons pour notre part sentir où nous mettons les roues, quitte à ressentir quelques vibrations de temps à autre.
Bref, nous avons trouvé la 307 SW un peu plus sportive... et c'est très bien ainsi. Son confort reste en effet absolument remarquable, alors que sa tenue de route, saine et équilibrée, a de quoi faire pâlir d'envie tous les monospaces du marché. Précisons toutefois que toutes nos voitures d'essais étaient équipées d'un ESP mais que celui-ci ne sera pas livré de série sur toutes les SW "belges" (et même indisponible sur HDI 90ch). Peugeot aurait-il quelque chose à cacher !?

Moteurs

La SW pèse une bonne centaine de kilos de plus que la Peugeot 307 berline. La faute à sa structure (+58 kg) mais aussi à son toit en verre (+15 kilos environ) et à ses sièges modulables (une trentaine de kilos). On pouvait donc craindre que les performances soient un peu justes. C'est un peu le cas avec la motorisation 1.6 essence 110ch. Mais toutes les autres s'en sortent bien, y compris la HDI 90ch. Bon, si l'on roule souvent chargé, mieux vaut quand même opter pour la version 110ch avec intercooler et filtre à particules ou pour la 2 litres essence 136ch. Mais les performances restent globalement agréables. Dommage quand même que Peugeot ne propose toujours pas de boîte automatique sur ses 307 HDI (pas de date prévue mais on sait que cela arrivera tôt au tard). Pour le moment, il faut donc se contenter, en diesel, de la boîte manuelle 5 rapports, assez quelconque. Les versions essences peuvent quant à elles bénéficier d'une boîte automatique 4 vitesses avec commande par impulsions (non essayée).
Reste le problème du prix, trop élevé à nos yeux. La 307 SW est plus chère que les monospaces compacts dont elle espère détourner la clientèle. Dans ces conditions, il est difficile de lui prédire un énorme succès commercial, même si ses qualités dynamiques, son style élégant et son équipement parlent en sa faveur. Peugeot prévoir d'ailleurs de vendre 20% de ses 307 en version SW. C'est énorme !

CONCLUSION
Très réussie, la 307 SW est malheureusement plus chère que les monospaces compacts qu'elle espère concurrencer. Un prix difficilement justifiable, même si cette voiture possède de grandes qualités.



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