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La sortie d'une nouvelle limousine est toujours un
événement. Quand c'est une Audi, celui-ci prend même
une dimension technologique impressionnante. Mais l'A8 est-elle pour autant
capable de faire trembler le fameux duo Classe S-Série 7 ?
Difficile de parler de la sortie de la nouvelle A8 sans
évoquer celle, toute récente également, de la VW
Phaeton. Nous ne comprendrons jamais pourquoi le Dr. Piëch a été
mettre cette dernière dans les roues de la grosse Audi, retardant
même le lancement de celle-ci pour laisser un peu plus d'espace
à la Volkswagen. A l'heure où tous les grands groupes essayent
de bien définir le rôle de chacune de leurs marques, en évitant
à tout prix de mettre plusieurs de leurs modèles en concurrence,
le numéro 1 européen prend le contre-pied de cette politique.
Curieux. On se souvient notamment des problèmes que cela avait
posé chez PSA, quand les Peugeot et les Citroën étaient
tellement proches les unes des autres que la concurrence entre les deux
réseaux de distribution avait coûté des milliards
au groupe. Bon, espérons que les grands patrons du géant
allemand savent ce qu'ils font. Finalement, cette émulation interne
a certainement poussé les ingénieurs d'Audi à se
surpasser. C'est ce que nous allons voir...
Elégance
Esthétiquement, même si tout est différent,
rien ne change vraiment ! Comprenez que l'A8 est 100% nouvelle mais
que n'importe qui la reconnaîtra dans la rue. Les stylistes se sont
contentés de remettre au goût du jour une ligne intemporelle,
qui plaît beaucoup. L'audace, Audi la laisse à la BMW Série
7 ! Ici, pas question de choquer : l'A8 reste on ne peut plus classique,
même si elle se révèle également très
moderne et dotée d'un coefficient aérodynamique exceptionnel
de 0,27.
Dans l'habitacle, pas de révolution non plus, même si on
note l'absence de véritable frein à main (il s'agit d'un
système électromécanique, comme chez Renault) et
qu'Audi a cédé à la mode de la carte pour remplacer
la clé traditionnelle, du moins sur les versions les mieux équipées.
On est également surpris par la finesse du volant : après
avoir fait des moyeux énormes pour accueillir les airbags, les
constructeurs semblent revenir petit à petit à des solutions
plus discrètes. Mais ça surprend sur une A8 ! Notez au passage
qu'elle dispose de six airbags et que celui du volant, justement, se déploie
de manière progressive, pour protéger ceux qui roulent trop
près de ce dernier.
Audi adopte aussi, comme de bien entendu, une informatique embarquée
très poussée (radio, CD, télé, téléphone,
GPS, ordinateur de bord, réglages de suspensions...). Toutefois,
la centrale, baptisée MMI (Multi Media Interface), est plus facile
à utiliser que celle de BMW. Audi a en effet eu la bonne idée
de ne pas vouloir tout regrouper sur le même écran avec une
seule "souris" pour accéder à tous les menus.
Du coup, l'utilisation de l'A8 est plus simple, plus logique, et n'oblige
pas à "zapper" continuellement d'un mode à l'autre.
On apprécie aussi de pouvoir déconnecter l'ESP sans devoir
effectuer quatre manuvres : un simple bouton poussoir est toujours
d'actualité. Nous sommes heureux de voir que la marque aux quatre
anneaux n'a pas suivi BMW dans son délire "high-tech" !
Finissons-en avec le tour de l'habitacle en soulignant l'excellente position
de conduite, la finition absolument irréprochable et les matériaux
de grande qualité choisis avec goût, notamment en ce qui
concerne leurs couleurs. L'habitabilité est évidemment suffisante
pour quatre très grands adultes plus un enfant mais elle n'est
pas spécialement impressionnante. Il n'y a pas de version longue
prévue pour le moment, ce qui est peut-être dommage pour
les propriétaires ayant la chance d'avoir un chauffeur et qui voudraient
étendre leurs jambes à l'arrière. Le coffre de 500
litres est par contre très bien dessiné et bénéficie
d'un système d'ouverture/fermeture entièrement automatisé...
sans que l'on sache si cet équipement fera ou non partie de la
dotation de série. L'A8 ne sera en effet commercialisée
que d'ici quelques semaines et ses prix ainsi que son équipement
ne sont donc pas encore connus avec précision. On sait simplement
que la version "de base", dotée d'un V8 essence de 3,7
litres développant 280 chevaux, devrait être vendue un peu
moins de 70.000 euros TVAC. Le prix d'une BMW 735i, par exemple. Ce qui,
pour une limousine en aluminium dotée de 4 roues motrices en série,
est plutôt une bonne affaire. Malgré cette transmission intégrale,
l'A8 ne pèse en effet que 1.770 ou 1.780 kilos selon sa motorisation
(3.7 ou 4.2 V8 335ch). C'est, par exemple, 220 kilos de moins qu'une Phaeton
traction avant dotée d'un "simple" moteur V6 de 3,2 litres
(vendue un peu plus de 50.000 euros). Impressionnant !
Suspension pneumatique
S'il est un domaine où l'A8 excellait déjà dans
sa catégorie, c'est bien celui de la tenue de route. Le mérite
en revenait bien sûr à la légèreté
de sa caisse et à ses quatre roues motrices. Mais l'ancien modèle
faisait toujours appel à des suspensions classiques. La nouvelle
adopte quant à elle un système pneumatique, comme la Mercedes
Classe S et la BMW Série 7. Cela ne pouvait évidemment
qu'encore améliorer la situation, la tenue de route de l'A8 étant
désormais vraiment exceptionnelle malgré ses dimensions.
A tel point que sur route sèche, il est difficile de faire fonctionner
l'ESP anti-sortie de route ! Le tout, évidemment, dans un confort
absolu. Le niveau de la garde au sol évolue en fonction de la
vitesse et du mode de suspension. Comme souvent, la position "normale",
automatique, se révèle être la meilleure car elle
s'adapte instantanément à la route et à votre mode
de conduite. A noter quand même que nos exemplaires d'essais étaient
dotés de roues PAX anti-crevaison optionnelles, qui rendent parfois
le comportement routier encore meilleur. En série, l'A8 est livrée
avec des roues 235/55R17 et un kit comprenant un compresseur électrique
et un produit de colmatage, libérant ainsi de l'espace sous le
plancher du coffre. Mais en option, le conducteur sceptique pourra aussi
commander une roue de secours, qui trouvera place à cet endroit.
Les freins sont aussi à la hauteur de leur tâche. La légèreté
de l'engin les aide à rester performants plus longtemps.
Par contre, à propos de légèreté, nous avons
trouvé que la direction manquait un peu de fermeté dès
que l'on quittait la ville. Davantage de précision dans les lacets
ou sur autoroute serait bienvenu.
Deux moteurs
Comme la Série 7 lors de son lancement, l'A8
n'est disponible dans un premier temps qu'avec deux moteurs essence
V8 de 3,7 et 4,2 litres. Ceux-ci ont gagné respectivement 20
et 25 chevaux, ainsi que pas mal de couple, celui-ci plafonnant désormais
à 360 et 430 Nm. Cela permet évidemment aux deux modèles
d'atteindre la barre des 250 Km/h et à la plus puissante des
deux d'accélérer de 0 à 100 en 6,3 secondes. La
consommation moyenne normalisée frôle dans les deux cas
les 12 litres aux cent. Pas de miracle ! En tout cas, pour avoir pris
en main les deux versions, nous pouvons sans crainte affirmer que la
3.7 est suffisante. On sent bien une petite différence en montant
dans la 4.2 mais pas de quoi s'exciter ! Quoi qu'il en soit, la toute
grosse majorité des clients belges attendra la sortie des versions
diesels, prévue en 2003, pour se décider.
En attendant, nous avons découvert la nouvelle boîte Tiptronic
6 rapports, montée en série sur les deux V8 essence. Une
mécanique vraiment exceptionnelle, fonctionnant avec rapidité,
douceur et précision. Malheureusement, Audi a commis une erreur
en fixant les palettes directement sur le volant et non pas derrière
celui-ci, comme c'est le cas dans la Phaeton. Résultat : quand
vous tournez plus que d'un quart de volant, vous ne savez plus où
vous en êtes et devez recourir au levier central... qui a la mauvaise
idée de fonctionner à l'envers (+ vers l'avant, - vers
l'arrière). BMW a enfin compris que c'était un mauvais
plan et a inversé cette commande. Le franc mettra malheureusement
plus longtemps à tomber chez Audi. Mais il tombera un jour, vous
verrez !
Par contre, et pour finir sur un très bon point, Audi a mis au
point un système de phares éclairant les virages. En fonction
de la vitesse, de l'angle du volant et de la position du clignotant,
les projecteurs éclairent en effet l'endroit où vous voulez
aller et non plus uniquement juste en face de vous. Nous n'avons malheureusement
pas pu essayer cette intéressante innovation (déjà
d'actualité, selon un mode mécanique évidemment,
sur certaines DS et SM des années 60 et 70) mais nous vous en
reparlerons.
Conclusion
Plus moderne, plus légère, toujours aussi agréable
à conduire et sécurisante, voire plus, l'A8 réussit
presque le sans-faute. Donnez-lui une direction plus ferme et les commandes
de boîte de la Phaeton et elle sera parfaite ! Pourquoi pas pour
l'arrivée des TDI !?
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