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Le duo 807-C8 naura pas eu la paix bien longtemps
: le nouvel Espace débarque à son tour, plein de promesses !
Nous avons été lessayer dans les environs de Rome
pour vérifier sil les tient.
Renault fait plus que moderniser l'Espace. Tout en lui
est nouveau. A commencer par son étude et sa fabrication jadis
confiées à Matra et désormais assurées par
lex-régie elle-même. L'étude est luvre
de l'équipe style de Patrick Le Quément, qui a gardé
l'âme chère à l'Espace. La fabrication est assurée
à l'usine de Sandouville, là d'où sortent les Laguna
et VelSatis, qui utilisent toutes la même plate-forme.
La carrosserie de l'Espace fait limpasse sur le plastique pour un
partage entre laluminium (les portes, le hayon), l'acier (les piliers
C, arrière) et le polyester (les ailes avant, le capot moteur).
Le tout est assemblé sur une coque en acier à haute résistance.
Sur la balance, l'Espace n'y gagne rien puisque Nouvel Espace accuse un
alourdissement de quelque 250 kg, pour se situer entre 1.740 et 1.920
kg (75 kg de plus pour le Grand Espace).
Si le groupe motopropulseur reste logé transversalement à
l'avant, le bloc chauffage/climatisation est repoussé sous le plancher,
sous les pieds du passager avant.
La ventilation est distribuée via le plancher pour les places avant,
via le plancher et les piliers de toit pour les sièges médians
et arrière. Renault s'enorgueillit donc d'offrir en exclusivité
ce confort jusqu'aux sièges extrêmes antérieurs, même
en version de base.
Ce n'est d'ailleurs pas innocent : l'énorme volume intérieur
de l'Espace surchauffe rapidement sous leffet des 7,42 m_ de surfaces
vitrées. L'habitacle a plus que jamais besoin de la climatisation.
Chaque côté de l'habitacle dispose de son propre réglage
de température. Et dès la finition Expression, les rangées
arrière disposent aussi de leur propre réglage de ventilation.
Espaces dans l'Espace
Le nouvel Espace, quatrième génération,
est plus grand que l'ancien : de 144 mm en longueur pour l'Espace,
de 74 mm pour le Grand Espace, plus haut de 28 à 46 mm, plus large
de 50 mm. L'habitacle est évidemment le principal bénéficiaire
de l'opération.
L'Espace est donc un grand, très grand monovolume, une classe supérieure
à celle des 807/C8/Ulysse/Phedra et autres Galaxy/Sharan/Alhambra.
Livré avec 5 sièges, Espace est bien sûr structuré
pour accueillir jusqu'à 7 passagers. Avec un coffre de 291 litres
en configuration 7 places (soit 16 litres de plus que lancien Espace;
65 litres de plus pour le Grand Espace), l'Espace dispose dun volume
utile pouvant atteindre 2.860 litres de capacité (le Grand Espace
3.050 litres) en configuration 2 places.
Dommage : le choix de Renault de garder quatre portes latérales
à ouverture angulaire et non, comme sur les PSA/Fiat, coulissantes
à l'arrière. L'aspect pratique en est sans doute pénalisé,
surtout en parking.
Le nouvel Espace offre une vision panoramique extraordinaire. Les piliers
de toit présentent une faible entrave à la vision en étant
plus profonds que larges. La nouvelle structure de lEspace permet
aussi le montage du plus grand toit vitré ouvrant du moment. Sa
surface atteint 2,16 m_, avec une longueur de 2,06 mètres. Son
mouvement est électrique. Une persienne, elle aussi à mouvement
électrique, permet aux crânes sensibles de se cacher du soleil.
Tout ceci assure au nouvel Espace une aérodynamique de talent,
complétée par la présence de deux barres de toit
qui, repoussées à l'extrême arrière lorsquelles
ne servent pas, sauvegarde la fluidité des courants d'air et évite
tout remous sonore.
Individuels
Les ingénieurs ont longuement planché
sur l'ambiance intérieure, l'organisation des espaces de rangement,
le concept du tableau de bord et les sièges.
Ces derniers sont individuels, assez conventionnels à l'avant mais
intégrant à l'arrière les ceintures de sécurité
trois points. Leur masse passe de 18 à 22 kilos. Leur manipulation
en est plus lourde, avec le regret de ne pas disposer de mémoire
d'inclinaison de dossiers après escamotage.
A noter que les cinq sièges postérieurs sont identiques
et peuvent donc être permutés sans difficulté.
Numérique
L'information au conducteur reprend la philosophie
de lEspace III. Elle est concentrée au milieu supérieur
de la planche de bord. A l'examen, elle semble complète mais, abondance
de données oblige, nous paraît trop compacte, en chiffres
et symboles trop petits. Tout y est, en ce compris le tableau de la radio
et du lecteur CD. Un compte-tours, sous forme de quelques barrettes vertes
juxtaposées, est présent, alors qu'il manquait à
l'origine dans l'Espace III. Mais tout cela est situé loin du regard,
et beaucoup trop petit pour être facilement déchiffrable.
Berlinisée
Le mot "berline" est lâché.
Malgré son beau gabarit, le nouvel Espace veut offrir des comportements
de berline, avec des suspensions retenant bien la coque en virage comme
aux fortes variations d'allure.
Certes, les tarages de suspensions sont adaptés à chaque
motorisation, donc à chaque clientèle. Mais la structure
est identique partout. A l'avant, les systèmes McPherson sont assez
classiques. A l'arrière, Renault revient à un essieu rigide
à effet torsionnel à l'arrière, assurant le meilleur
compromis entre précision et confort par la grâce de nouveaux
silent-blocs à amortisseur intégré. Le bon équilibre
routier est aussi le fruit d'un élargissement notoire des voies
(40 mm à l'avant, 20 mm à l'arrière).
Malgré sa longueur et un empattement allongé de 10 cm en
version courte (le grand Espace garde son empattement dantan), le
nouvel Espace tourne court, aidé par une assistance variable asservie
au couple moteur.
Une palette de 6
La "berlinisation" de l'Espace passe par
les motorisations que l'on connaît déjà dans les Laguna,
VelSatis et Avantime. Parmi elles, trois moteurs essence : 2 litres 4
cylindres Renault atmo (140ch/191Nm) et turbo (163ch/250Nm) et le V6 3.5
Nissan (245ch/330Nm).
Mais aussi les dCi déjà connus, les 4 cylindres récemment
revisités, 1.9 (115ch/270Nm) et 2.2 (150ch/320 Nm), et le V6 3
litres d'origine Isuzu, aussi utilisé par Saab et Opel (180ch/350Nm).
Ce dernier sera bientôt revu spécifiquement pour le marché
belge, dégonflé à 163 chevaux qu'il sera, pour chuter
d'une catégorie fiscale. On note ici la volonté de Renault
d'animer à suffisance son Espace, une manière de dynamiser
son image.
Aux côtés de la transmission manuelle à 6 rapports,
le confort de conduite est aussi assuré par la boîte automatique
Proactive à 5 rapports disponible en option sur les 2.2 dCi et
2.0 Turbo, en série sur les V6 (3.0 dCi et 3.5).
Le nouvel Espace et son grand frère sont déjà dans
le réseau Renault. Le prix dattaque est légèrement
inférieur à ce quil était dans le passé,
avec un équipement plus complet. Les autres prix sont quant à
eux supérieurs de 3 à 5%, entre 26.250 et 46.550 euros pour
lEspace normal, entre 30.850 et 41.400 pour le grand. Avec un choix
entre quatre finitions (Authentique, Expression, Privilège et Initiale
pour le premier, Expression et Privilège pour le second).
Qu'en penser ?
Merveilleux : lEspace conserve l'ambiance qui
rayonnait dans les versions passées ! La vision panoramique est
généreuse et les sièges - surtout habillés
de tissu - sont confortables.
La position de conduite est parfaite (on note le réglage en profondeur
de la colonne de direction), assistée par un comportement généralement
sain, digne de... berlines. De la même veine : l'insonorisation
parfaite de l'habitacle.
Sur tous types de routes, le nouvel Espace est dune stabilité
étonnante, avec un contrôle parfait du roulis, une insensibilité
au tangage, un amortissement judicieux du train arrière, exempt
des trépidations détectées dans les monovolumes Fiat/PSA.
Des trois motorisations essayées (les V6 et le 2.2 dCi, qui représente
à lui seul l'espoir de 50% des ventes en Belgique), c'est le "petit"
diesel qui nous a le plus impressionné.
Par sa vivacité naturelle poussant l'Espace dans des accélérations
et reprises généreuses autant que par son excellent niveau
sonore. Avec le 2.2 dCi, le nouvel Espace est équilibré,
vif sur la route, fidèle sur les routes sinueuses. Cest moins
le cas des versions V6, sans doute marquées par une masse plus
importante sur le train avant et des tarages de suspensions antérieures
plus "confortables", trop souples à notre goût.
Le 2.2 dCi était aussi le seul à opérer avec l'excellente
boîte manuelle à 5 rapports. Les V6 sont d'office assistés
de la boîte automatique Proactive certes rapide sur la balle, prompte
à s'adapter à la conduite mais tout aussi certainement plus
moelleuse, moins vive. Dommage aussi que Renault nait toujours pas
adopté le sens logique de fonctionnement de la commande par impulsions
: il faut toujours pousser le levier pour monter les rapports et le tirer
pour rétrograder. Porsche a fait une erreur en imposant ce sens
mais est toujours copié, des années plus tard !
Coup de chance : la version 2.2 dCi est la plus accessible de ces trois
propositions. Mais nous attendrons l'occasion d'essayer les 1.9 dCi, 2.0
et 2.0 Turbo pour compléter notre jugement.
Conclusion
Well done, Renault ! Le nouvel Espace garde l'avantage
sur ses concurrents par une allure résolument modernisée,
une ambiance "Espace" confirmée par l'augmentation de
gabarit et de volume intérieur, par son équipement, par
le plaisir de conduite qu'on ressent à son bord. Avec, en sus,
un équilibre et un confort de suspensions que les tout récents
monovolumes PSA/Fiat n'offrent pas avec autant de bonheur.
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