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Cest avec une bonne longueur de retard que Volvo
pénètre enfin le marché des SUV haut de gamme. Mais
histoire de rattraper le temps pas si perdu que ça, le constructeur
suédois a eu la bonne idée de doter son XC90 de spécificités
inédites dans cette catégorie...
Ils auront mis le temps, chez Volvo, pour nous
sortir un véhicule capable de concurrencer les Mercedes ML et autre
BMW X5. Pompeusement baptisés SUV pour Sport Utility Vehicle
ces engins se caractérisent par une architecture haute et
quatre roues motrices sans pour autant prétendre pouvoir saventurer
sur des chemins trop difficiles. Sur le marché européen,
le segment des SUV haut de gamme a progressé de 20% en 2001. En
Belgique, 7.000 SUV haut de gamme sont vendus chaque année, dont
60% de BMW X5 et Mercedes ML. Tout cela pour vous dire quil était
grand temps pour Volvo dêtre présent, même si
65% de la production seront destinés au pays de lOncle Sam.
Mais pourquoi donc le constructeur a-t-il mis si longtemps pour présenter
son propre SUV ? Les ingénieurs suédois présents
lors de la présentation officielle sur les bords du lac Léman
nous ont apporté une réponse
qui vaut ce quelle
vaut : Cest vrai, nous sommes en retard dans ce segment,
mais il représentait un véritable dilemme pour nous en termes
de sécurité. Les SUV ont un centre de gravité élevé.
Il fallait donc que nous soyons sûrs de pouvoir proposer un véhicule
donnant toutes les garanties nécessaires quant aux risques de retournement.
Système anti-retournement
Pour contribuer à réduire le risque
de tonneaux, le Volvo XC90 est doté dun système actif
de préservation de la stabilité baptisé RSC (Roll
Stability Control ), développé conjointement par Volvo et
Ford. Ce système recourt à un capteur gyroscopique qui contrôle
la vitesse de roulis et langle de roulis du véhicule. Sur
base de ces informations, langle final est calculé instantanément,
ce qui permet déviter le risque de tonneau. Si langle
calculé est à ce point important quil y a un risque
évident de tonneaux, le contrôle de trajectoire DSTC (Dynamic
Stability and Traction Control) est activé. Le DSTC réagit
en réduisant la puissance du moteur, mais aussi en freinant une
ou plusieurs roues selon les besoins jusquà ce que la voiture
sous-vire et que la stabilité soit rétablie.
Pour nous permettre de vérifier leurs dires, les responsables de
la marque avaient concocté un mini test de lélan (évitement
dobstacle) sur un parking de laéroport de Genève.
En réalité, ce RSC agit comme le ferait un autre contrôle
de stabilité, si ce nest quil prend en compte le facteur
roulis. La voiture est ainsi très efficacement freinée,
ce qui évite tout risque dembardée.
Moteur transversal, sept places
Autre particularité du Volvo XC 90 : cest
le seul SUV haut de gamme du marché à proposer sept places
de série. Cet avantage a été rendu possible grâce
à une longueur hors tout supérieure à celle de ses
concurrentes (4,80 mètres contre 4,67 pour le X5 et 4,59 pour le
ML), mais aussi en raison de la disposition transversale de son moteur
sous le capot avant, ce qui permet de dégager un maximum de place
pour les occupants. Récemment, cette architecture nous a
donné un espace supplémentaire pour les jambes des passagers
arrière de la Volvo S80, un coffre dun grand volume dans
la V70, les lignes dynamiques de la S60
et voici quelle nous
est utile pour le XC90, déclare Hans Wikman, Directeur de
Projet Volvo XC90.
Avec seulement 87 mm de plus quune Volvo V70, la XC90 propose donc
sept places assises. Notez que cette configuration est la seule qui sera
disponible sur le marché belge, alors que certains pays pourront
opter pour une version cinq places. Pour dégager de lespace,
la cellule passagers a été déplacée au maximum
vers lavant du véhicule, avec un pare-brise implanté
lui aussi très en avant. Malgré tous ces efforts, les deux
sièges de la troisième rangée sont réservés
aux enfants ou à des adultes ne dépassant pas 1,60 mètre.
Heureusement, le mécanisme de basculement est particulièrement
simple à utiliser et permet aux sièges arrière de
sintégrer parfaitement au plancher, libérant un espace
de chargement parfaitement plat. Par contre, les ingénieurs suédois
ont semble-t-il oublié de prévoir un cache-bagages...
Ergonomie soignée
Sinstaller à bord du XC90 constitue une
véritable invitation au voyage. Les multiples réglages des
sièges et de la colonne de direction permettent au conducteur de
se sentir immédiatement à laise. Linstrumentation
est complète et les finitions de bon goût. Le tout est dune
qualité dassemblage irréprochable.
En retard sur la commercialisation du véhicule, Volvo a aussi tenu
à se rattraper au niveau de léquipement. Cest
ainsi que le XC90 peut être équipé du système
audio Dolby Pro Logic II offrant aux passagers avant et arrière
un son dune qualité inégalée jusquici.
Le système est composé de 13 haut-parleurs, dont un subwoofer
actif de 140 watts. Les passagers arrière peuvent en outre disposer
de leur propre module de commande séparé, ce qui leur permet
découter une source audio distincte de lavant (avec
un casque, cest préférable !).
Autre option intéressante pour les familles : le lecteur DVD
à écran 7 pouces qui vient se plaquer sur le ciel du toit
doù il est visible pour les passagers des deuxième
et troisième rangées de sièges. Particulièrement
compact, cet appareil dispose dun écran escamotable monté
sur charnières motorisées quil est possible de télécommander
à distance.
Enfin, le système de navigation RTI (Road and Traffic Information)
dispose dun écran 6
pouces qui sort du tableau de bord comme un lapin de son chapeau.
Sécurité made by Volvo
Chez Volvo, on ne badine pas avec la sécurité.
Et même si lexplication des responsables de la marque quant
au lancement tardif du XC90 ne nous a pas totalement convaincus, force
est de reconnaître que les Suédois ont une nouvelle fois
frappé fort dans ce domaine. Ainsi, dans le cas où le système
anti-retournement aurait quelque faiblesse, les ingénieurs ont
renforcé les éléments de la structure de toit en
y intégrant de lacier au bore, un matériau extrêmement
résistant et cinq fois plus solide que lacier normal. Tous
les sièges sont dotés de ceintures de sécurité
à prétensionneurs et des airbags rideaux protègent
les occupants de toutes les rangées de sièges.
Entre ML et X5
En découvrant les XC90 mis à la disposition
de la presse chez nos amis helvètes, la première réflexion
qui mest venue à lesprit concerne lidentité
de marque : personne ne doutera quil sagit dune
Volvo. Avec son capot en V, ses larges épaules et ses feux arrière
tout en hauteur, ce SUV est plutôt bien balancé ! Totalement
exempt dagressivité, il est parfaitement à limage
du constructeur suédois : sobre. Masculin, mais non
macho; musclé mais non agressif, avait annoncé Peter
Horbury, vice-président et designer en chef de Volvo Cars.
Cest tout à fait ça.
Avec une garde au sol de 218 millimètres et ses pneus route asymétriques,
le nouveau SUV made in Sweden utilise comme base le châssis des
S80, S60 et V70 sur lequel ont été greffées de nouvelles
suspensions redimensionnées de manière à pouvoir
supporter des charges accrues et accepter une garde au sol supérieure.
A larrière, la suspension multibras est totalement isolée
de la carrosserie, les ressorts et les amortisseurs étant fixés
directement sur le faux châssis. A lavant, cest du McPherson
classique. Lensemble donne des résultats plutôt satisfaisants
en matière de comportement routier puisque grâce à
des voies larges et un empattement long, le XC90 se montre à la
fois confortable et efficace. Si on devait le positionner face à
ses concurrents, il se situerait entre le ML et le X5. Plus ferme et prenant
moins de roulis que le Mercedes, mais moins sportif que le BMW. Voilà
une belle carte de visite.
En matière de transmission intégrale, Volvo a fait appel
au système développé par Haldex (société
suédoise elle aussi), qui gère la puissance transmise aux
essieux de manière totalement électronique. Le système
AWD contrôle le contact du véhicule avec le revêtement
et évalue les signaux reçus par le conducteur via le volant,
la pédale de frein et laccélérateur. Ces informations
lui permettent de déterminer sa réponse éventuelle
à une situation donnée.
En conduite normale sur route sèche, la quasi-totalité de
la puissance est envoyée aux roues avant. En revanche, dès
que le revêtement entraîne un patinage des roues avant, une
partie de la puissance est déviée vers les roues arrière.
Le transfert de lavant vers larrière sopère
en seulement un septième de tour de roue ! Labsence
de pluie sur la chaussée et un parcours exclusivement routier ne
nous ont cependant pas permis de vérifier lefficacité
du système sur revêtement glissant.
D5 un peu juste
Pour emmener son XC90, Volvo propose deux motorisations
déjà bien connues dans la gamme du constructeur. Le premier
nest autre que le 6 cylindres en ligne de 2,9 litres, doté
de deux turbocompresseurs, qui équipe la S80 T6. Il développe
272 chevaux et 380 Nm de couple dès 1.800 tr/min. Uniquement disponible
avec la transmission Geartronic (automatique avec mode manuel) à
4 rapports (en raison du manque de place sous le capot pour installer
la Geartronic à 5 rapports), le Volvo XC90 T6 atteint les 100 km/h
en 9,3 secondes et sa vitesse de pointe est limitée à 210
km/h. Il dispose dun système de turbos parallèles,
sous la forme de deux turbocompresseurs compacts hautes performances,
montés côte à côte. Dans le XC90, le moteur
T6 voit sa cylindrée passer de 2,8 à 2,9 litres et il reçoit
une distribution variable en continu (CVVT) agissant à la fois
sur les soupapes dadmission et déchappement, ce qui
permet dexploiter plus efficacement le moteur et par conséquent,
de réduire la consommation ainsi que les émissions. Le couple
maximum est ainsi disponible dès 1.800 tr/min, contre 2.000 tr/min
sur la version 2,8 litres.
Le second bloc proposé est le 2.4 turbo diesel à rampe commune
et 5 cylindres en ligne baptisé D5, déjà vu sur les
S60, S80 et V70. Fort de 163 chevaux, il développe 340 Nm
de couple dès 1.750 tr/min. Equipé de la boîte de
vitesses Geartronic à 5 rapports, le XC90 D5 passe de 0 à
100 km/h en 12,3 secondes et atteint 185 km/h. Malheureusement, ce
moteur, qui fait preuve dune belle santé sous le capot de
la S60, se montre un peu à la peine pour emmener les deux tonnes
du XC90. Il lui manque dévidence quelques Nm pour être
à la hauteur en matière dagrément de conduite,
dautant que la boîte a une fâcheuse propension à
hésiter trop souvent entre deux rapports, ce qui débouche
sur une conduite quelque peu chaotique. A sa décharge, signalons
tout de même que notre parcours dessai présentait un
relief assez soutenu, ce qui ne facilitait pas la tâche de lensemble
moteur/boîte. Le XC90 D5 est vendu à 42.870 euros, le XC90
T6 à 47.250 euros.
Conclusion
Même sil est arrivé sur le
marché avec un temps de retard par rapport à ses concurrents,
le Volvo XC90 ne manque pas datouts pour séduire une clientèle
exigeante. La sécurité est au rendez-vous, tout comme lhabitabilité
et la qualité de fabrication. Seul bémol : labsence
dun moteur turbo diesel plus percutant dans la banque dorganes
du constructeur suédois. Avec un six cylindres trois litres, le
XC90 serait plus à laise pour affronter la concurrence.
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