Même si elle ne porte pas le nom de Cosworth, la Focus
RS est bien la descendante directe des modèles les plus sportifs de l’histoire
de Ford, développés dans les années 80 et 90. Pour savoir ce qui se cache
réellement derrière son look de voiture de rallyes, nous l’avons prise
en main dans son pays d’origine, autour des ateliers de Malcolm Wilson,
le préparateur des Focus du championnat du monde !
C’est à Cockermouth, un petit coin d’Angleterre
perdu à la frontière écossaise, que Ford nous avait
conviés à la présentation de celle qui a la lourde
tâche de renouer avec les modèles "pur sport" qui
ont fait la réputation du constructeur depuis une trentaine d’années.
Le choix de notre destination ne devait rien au hasard. C’est en
effet là que Malcolm Wilson, patron de M Sport (unité de
développement des Focus WRC) a décidé de s’installer.
C’est donc à quelques mètres seulement des châssis
décortiqués de Sainz, McRae et Duval que "nos"
Focus RS ont passé la nuit, courte trêve entre deux journées
d’essais plutôt chaudes... Rappelez-vous, nous étions
en 1969. La première Ford RS voyait le jour. C’était
une Escort 1600. Plus de 20 modèles ont suivi au cours des années
70, 80 et début 90 avec la Sierra RS Cosworth, la RS 200 et l’Escort
RS Cosworth. Depuis, plus rien ! Et ce n’est pas la récente
Focus ST 170 qui aura permis aux amateurs de sensations fortes de trouver
chaussure à leur pied. Pour eux, Ford a développé
la Focus RS !
Bien que constituant un modèle très particulier, la Focus
RS a été conçue pour être assemblée
(au rythme de 30 voitures par jour) sur la même chaîne que
les autres versions, dans l’usine de Saarlouis en Allemagne. Pourtant,
cette RS n’a plus grand-chose à voir avec une Focus classique,
à commencer par son aspect extérieur. Seuls le capot moteur,
le hayon, les portes et le panneau du pavillon ne sont pas modifiés
par rapport à la Focus d’origine. Tout le reste (élargisseurs
d’ailes, boucliers avant et arrière, moulures, béquet...)
sont largement inspirés du look de la WRC, la voiture de rallyes.
Vue de face, la RS présente des découpes de calandre identiques
à cette dernière, antibrouillards Hella en plus. Deux
découpes en avant des passages de roues facilitent le refroidissement
sous le capot moteur. Quant aux jantes, il s’agit d’OZ Racing
de 18 pouces dont le dessin reprend fidèlement celui des jantes
en magnésium des WRC.
Même topo dans l’habitacle où les responsables de Ford n’ont pas voulu
faire du simili-sport, comme c’est trop souvent le cas. Les sièges sont
de véritables Sparco, tout comme le levier de frein à main et le pédalier
en aluminium. Le graphisme et l’éclairage des cadrans du tableau de
bord (bleu sur fond noir) est lui aussi inspiré de l’instrumentation
rallyes et la console centrale est en véritable fibre de carbone. Par
contre, on ne peut que regretter l’absence de témoin de température
d’huile, et même de température d’eau, qui auraient été beaucoup plus
utiles que le manomètre de suralimentation ou le témoin de passage des
rapports. La position de conduite n’est pas parfaite non plus, en raison
du débattement insuffisant de la colonne de direction télescopique.
Coup de pied aux fesses
Une simple pression sur le bouton de démarrage, et le
quatre cylindres turbo s’ébroue. Dérivé du Duratec atmosphérique de
130 chevaux qui chapeaute la gamme des moteurs essence de la Focus,
il a été profondément retravaillé pour délivrer 215 chevaux à 5.500
tr/min et un couple de 310 Nm à 3.500 tr/min. Le turbo (un Garrett GT
2560 LS) a été étudié pour réduire au maximum le temps de réponse alors
que la gestion électronique du moteur détermine le niveau de suralimentation
nécessaire d’après la position de l’accélérateur et d’autres capteurs
mécaniques. Pistons forgés, soupapes au sodium et intercooler air/eau
finissent de donner à ce bloc ses lettres de noblesse. Dans la pratique,
ça pousse, tout le temps et très fort ! Quelque soit le rapport engagé,
c’est le coup de pied aux fesses assuré ! Le couple débarque comme un
raz de marrée, propulsant la Focus de 0 à 100 km/h en 6,7 secondes.
Pour faire passer tout cela au sol, la RS peut compter sur d’excellents
pneus Michelin Pilot Sport spécialement développés pour elle, mais aussi
et surtout sur un différentiel Quaife qui permet au train avant de ne
pas être trop dépassé par les événements (il s’agit d’une simple traction).
Efficace, il n’élimine toutefois pas entièrement les réactions de couple
en phase d’accélération.
Le
test du faisan...
Côté châssis, les ingénieurs
sont partis d’une excellente base puisque les qualités
de comportement routier de la Focus font l’unanimité depuis
son apparition. Les moyeux et les arbres de transmission ont été
renforcés pour supporter la puissance et le couple, alors que
la suspension utilise des ressorts courts et des amortisseurs Sachs
Racing. Avec tout ça, vous vous dites que la Focus RS est un
véritable tape-cul inutilisable au quotidien. Que nenni ! L’ensemble
est ferme et sportif mais sans être inconfortable pour autant.
Neutre, prévenante et sous-vireuse à la limite, la Focus
RS a en outre parfaitement passé le test du faisan. Traditionnellement
appelé test de l’élan, cet évitement d’obstacle
à vitesse soutenue s’est transformé pour nous en
test du faisan, tant ces volatiles étaient nombreux sur les routes
de la campagne anglaise. Nombre d’entre eux doivent d’ailleurs
une fière chandelle à la puissance de freinage de la Focus
RS, confiée à des étriers Brembo à 4 pistons
pinçant des disques ventilés de 325 mm à l’avant,
et des étriers classiques à deux pistons agissant sur
des disques pleins de 280 mm à l’arrière. Impossible
d’en venir à bout. La RS décélère
de 100 km/h à 0 en 36 mètres, et il ne lui faut que 4,1
secondes pour passer de 160 à l’arrêt ! Le lancement
belge est prévu au cours du dernier trimestre 2002 au prix de
34.000 euros TVAC. Aucune option n’est prévue et le nombre
total d’exemplaires pour notre marché ne devrait pas excéder
150.
F De B.
Dieu
qu’il est bon de retrouver l’appellation RS ! Depuis la disparition
de l’Escort Cosworth, Ford avait en effet quelque peu délaissé ses "pur-sang
de route". Avec seulement deux roues motrices, la Focus RS s’en tire
plutôt bienÉ mais ce serait tout de même encore mieux avec une transmission
intégrale !
La Ford Focus RS en quelques chiffres
- Moteur : 2.0 16V Duratec Turbo; 4 cylindres; 1.988cc;
215ch à 5.500 tr/min; 310Nm à 3.500 tr/min. - Transmission : aux roues
avant. - Boîte : manuelle à 5 rapports. - Freins : disques ventilés
de 325 mm et étriers Brembo 4 pistons à l’avant, disques pleins de 280
mm avec étriers 2 pistons à l’arrière; ABS. - Châssis : suspension indépendante
type McPherson à l’avant, suspension indépendants multi-link Control
Blade à l’arrière; amortisseurs Sachs Racing. - Réservoir : 55 litres
- Pneus : Michelin Pilot 225/40 R 18 - Performances : vitesse maxi (km/h)
232; 0 à 100 km/h (sec.) 6,7. - Consommations (en l/100 km) : en ville
14,2; hors ville 7,7; cycle mixte 10,1. - Prix : 34.000 euros TVAC.
- Commercialisation : automne 2002.
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